Transports franciliens-La Cour des comptes pour relever les prix

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    * La Cour des comptes montre du doigt la SNCF 
    * Elle estime à 50 milliards d'euros les besoins d'ici 2020 
    * Elle plaide pour une sélection rigoureuse des projets 
 
    PARIS, 10 février (Reuters) - La Cour des comptes recommande 
dans son rapport annuel une hausse des tarifs des transports en 
commun ferroviaires franciliens afin de faire face aux 
investissements nécessaires pour rénover un réseau "à la limite 
de la rupture". 
    Le réseau de transports en commun d'Ile-de-France, un des 
plus importants d'Europe, est utilisé chaque jour par plus de 
huit millions de voyageurs, dont 85% en métro, train et tramway. 
    La Cour des comptes montre particulièrement du doigt la 
SNCF, dont le réseau Transilien supporte 40% du trafic voyageur 
assuré quotidiennement par cette entreprise publique en France, 
sans parler des lignes RER dont elle est l'opérateur. 
    Le rapport rendu public mercredi dénonce un "désintérêt 
manifesté à l'égard de l'entretien" de ce réseau de 3.700 km, 
dont 40% des voies et 30% des aiguillages ont plus de 30 ans. 
    Les services chargés de l'entretien admettent que l'état 
général des infrastructures continuera à se dégrader jusqu'en 
2020 et que le niveau actuel, loin d'être optimal, ne sera 
retrouvé qu'en 2025. Un constat d'autant plus inquiétant que le 
volume du trafic de voyageurs ne cesse d'augmenter. 
    Or, les pouvoirs publics ont lancé dans le cadre du "Grand 
Paris" des chantiers qui vont lourdement peser sur les 
ressources disponibles : le Grand Paris Express (création de 
quatre lignes de métro automatique et prolongement de deux 
autres), le CDG Express (liaison directe entre l'aéroport de 
Roissy et la Gare de l'Est) et Eole (prolongement de la ligne E 
du RER). 
    La Cour des comptes juge "incertaine" la réalisation 
concomitante de ces projets et de la rénovation des réseaux 
existants en période de forte tension budgétaire. 
    Elle estime à une cinquantaine de milliards d'euros le 
besoin de financement pour la seule période 2015-2020. A quoi 
s'ajoutent, pour la SNCF et l'Etat, d'autres projets très 
coûteux d'infrastructures sur le reste du territoire. 
     
    PRIORITÉ À L'AMÉLIORATION DE L'EXISTANT 
    "Les contraintes qui pèsent sur les budgets de l'Etat comme 
des collectivités locales ne laissent qu'une faible marge de 
manoeuvre pour accroître les subventions publiques", estiment 
les auteurs du rapport. 
    Ils ne voient guère non plus de marge du côté de la RATP et 
de la SNCF, où "la rigidité du statut et de l'organisation du 
travail (...) limite les perspectives d'amélioration de la 
productivité des exploitants". 
    Reste la contribution des voyageurs, dont la Cour regrette 
qu'elle soit réduite à la fois par la mise en place d'un forfait 
Navigo unique pour l'Ile-de-France depuis le 1er septembre 2015 
et par une fraude massive (360 millions d'euros par an). 
    Le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) estime à 
485 millions d'euros le manque à gagner dû à la mise en place de 
ce forfait pour 2016. 
    La Cour recommande donc à l'Etat et au Stif d'accroître la 
part des dépenses supportée par les voyageurs, c'est-à-dire une 
augmentation des tarifs. 
    Ce que la présidente de la région et du Stif, Valérie 
Pécresse, écarte dans sa réponse à la Cour, en l'absence d'une 
"amélioration sensible de la qualité de service" et de l'apport 
d'autres ressources. 
    La Cour des comptes demande aussi à l'Etat et à la SNCF de 
donner une "priorité absolue" à l'amélioration du réseau 
Transilien existant et de sélectionner rigoureusement les 
projets d'infrastructures envisagés pour les dix à 15 années à 
venir sur l'ensemble du territoire. 
    Elle souhaite au passage que cette situation soit prise en 
compte dans l'application des politiques visant à restreindre la 
circulation automobile au profit du rail.  
    "Si l'objectif d'encourager l'usage des transports en commun 
au détriment de l'automobile n'est pas contestable en soi, 
encore faut-il s'assurer que ceux-ci sont en mesure d'offrir aux 
voyageurs des conditions de déplacement convenables", dit-elle. 
    "Faute de quoi, on risque d'aggraver une situation déjà à la 
limite de la rupture." 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Jean-Baptiste Vey) 
 
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  • M2766070 le mercredi 10 fév 2016 à 18:16

    et pour les grèves ??? rien ...

  • aerosp le mercredi 10 fév 2016 à 18:08

    Marre que la province finance les transports des parisiens