Transports en Ile-de-France : les tarifs baisseront pour la moitié des abonnés

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Les députés ont adopté vendredi le financement du tarif unique de transport en Ile-de-France, à 70 euros par mois, qui sera mis en place à partir de septembre 2015. D'ici là, les tarifs des transports publics devraient grimper en moyenne de 2,9% au 1er janvier.

Les tarifs des transports en Ile-de-France vont grimper au 1er janvier prochain... avant de baisser fortement en septembre pour plusieurs millions d'usagers avec l'instauration de la zone unique de transport. Les députés ont en effet adopté vendredi le financement du passe Navigo à tarif unique souhaité par la majorité PS-EELV de la région Ile-de-France. Alors que les tarifs mensuels varient actuellement de 67,10 euros à 113,20 selon le nombre de zones couvertes, l'abonnement coûtera 70 euros en tarif plein à partir de la rentrée, quel que soit le nombre de zones prises en charge. La mesure devrait bénéficier à la moitié des usagers franciliens qui souscrivent un abonnement.

La mesure sera également indolore pour les franciliens titulaires d'un passe Navigo couvrant les zones 1 et 2. Car dès le 1er janvier, le Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif) devrait augmenter le prix de cet abonnement mensuel de 67,10 à 70 euros dans le cadre de sa revalorisation tarifaire annuelle. Selon un document rendu public par l'AFP, le prix des transports en commun en Ile-de-France augmentera en effet de 2,9% en moyenne à partir du 1er janvier 2015. Les «propositions de tarifs» contenues dans ce document devraient être avalisées par le conseil d'administration du Stif le 10 décembre prochain.

Forte baisse de tarif pour les zones 1 à 6

Dans le détail, les tarifs qui augmenteront le plus sont ceux du ticket à l'unité (+5,8%), qui passera de 1,70 euro à 1,80 euro, du billet de Roissybus (+4,7%, de 10,50 euros à 11 euros) et du passe Navigo mensuel pour les zones 1 à 2 (+4,3%). Le carnet de 10 tickets augmentera de son côté de 2,9%, comme le forfait Imagine R, destiné aux étudiants. Les dessertes d'aéroports augmenteront de manière variable puisque l'Orlyval prendra 3,3% à 9,30 euros et l'Orlybus 2,6% à 7,7 euros. Seul le prix du ticket acheté à bord, deux euros, ne bougera pas.

Ces dernières années, la plupart des tarifs des transports en Ile-de-France ont augmenté plus vite que l'inflation. En six ans, le prix du passe Navigo mensuel pour les zones 1 à 2 aura par exemple progressé de plus de 23%, passant de 56,6 euros à 70 euros. Alors que les prix ont globalement crû d'un peu moins de 7% entre 2009 et 2014, celui du passe Navigo trois zones a gagné 16%, le passe 4 zones 15%, et le carnet de 10 tickets 18%. Le prix du ticket acheté à l'unité a en revanche suivi à peu près l'inflation. Quant au passe Navigo couvrant les zones 1 à 6, il a à l'inverse vu son prix baisser du fait d'un regroupement des zones 5 et 6 en 2011. Les usagers de l'ex-zone 6 paient actuellement 113,20 euros chaque mois alors qu'il leur en coûtait 123,60 euros en 2009. L'instauration de la zone unique de transport leur permettra de gagner près de 520 euros supplémentaires sur l'année.

Le Stif justifie ces augmentations tarifaires par les aménagements qu'il réalise sur le réseau. Son rapport annuel précise que ses dépenses augmentent en moyenne de 2,3% chaque année, en euros constants. Mais en 2013, il a dû faire face à une hausse de ses dépenses de 4,1%. Mise en service de deux nouvelles lignes de tramway, prolongation de la ligne 14, hausse de la fréquence du RER B au nord en heures de pointe, amélioration des lignes de bus... L'entretien et l'amélioration du réseau coûte cher à l'usager, mais pas seulement.

Les ventes de tickets et autres abonnements ne couvrent en effet qu'une petite partie du financement des transports en commun. Sur 8,99 milliards d'euros, seul 30% provient de la poche des usagers. Les entreprises s'acquittent de près de 50% de ce budget, entre le versement transport qu'elles doivent payer (38,1%), une taxe assise sur la masse salariale, et le remboursement d'une partie de l'abonnement de leurs salariés (9,4%). En 2013, les recettes du versement transport ont progressé de 5,8%, en partie du fait d'une hausse du taux de prélèvement.

Pour financer la future zone unique de transport, dont le coût est estimé à 400 millions d'euros, les députés ont donc dû trouver des ressources nouvelles. Ils ont prévu de relever encore le taux du versement transport payé par les entreprises situées en zone 1 et 2. Ils espèrent ainsi glaner 210 millions d'euros supplémentaires. Le reste de la facture sera pris en charge par la région Ile-de-France.

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