Transformer les couches pour bébé en énergie et compost

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Une filiale de Suez Environnement mène un projet pilote qui permettrait une «triple valorisation» de 90% des matières composant les couches. Le programme vise avant tout les crèches et les maisons de retraite.

Avec l'un des plus forts taux de natalité de l'Union Européenne, les Français jettent chaque année un million de couches-culottes qui finissent enfouies ou incinérées. Une pollution supplémentaire à laquelle un projet pilote, baptisé «Happy Nappy» («couche heureuse» en anglais), cherche à mettre fin. Mené par SITA, filiale de Suez Environnement, le programme a évalué la recyclabilité des couches pour bébés et adultes. Conclusion: elles peuvent être recyclées à 90%.

Ce programme de 340.000 euros, financé à 40% par l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), s'étale sur plus de deux ans. Après avoir broyé les couches et séparé leurs différents composants, le programme a évalué le potentiel de valorisation énergétique de chaque matière. D'après les travaux de l'équipe, les plastiques qui composent 10 à 20% des couches sont recyclables, tout comme les fibres (10 à 20%) et les matières fécales et les urines (50 à 70%). Seuls les polymères superabsorbants (5 à 10%) demeurent sans solution de recyclage. À l'arrivée, une «triple valorisation» avec la production d'énergie, de compost et de matières recyclées. Des recherches sont menées dans d'autres pays mais «cette idée de la triple valorisation est unique», note Laurent Galtier, directeur du projet.

Dernière étape du programme: trouver une solution aux matières organiques résiduelles issus de la méthanisation : elles pourraient être valorisées dans l'agriculture. «Il reste à réaliser des essais sur la filière agronomique en lien avec l'Ecole Nationale Supérieure Agronomique de Toulouse (ENSAT)», note Laurent Galtier.

«Dans une crèche, le geste de tri est déjà fait»

Comment collecter, ensuite, les couches usagées? «Dans un premier temps, nous nous intéressons aux crèches et aux maisons de retraite», explique Laurent Galtier qui a visité les deux types d'établissements et qui affirme avoir rencontré une «acceptation immédiate» de son projet. «Dans les crèches, le geste de tri est déjà fait», note-t-il: les bébés sont, en effet, changés au même endroit et les couches jetées dans une même poubelle.

L'usine de recyclage des couches pourrait s'installer près d'une station d'épuration des eaux, pour utiliser l'eau traitée rejetée par la station et pour profiter du méthaniseur déjà présent. «Ce sont deux points de synergie très importants qui pourraient faire la réussite du projet», souligne Laurent Galtier.

Intéressés, les fabricants de couches ont pris contact avec l'équipe. D'après Laurent Galtier, une possible collaboration pourrait porter sur l'évolution des composants plastiques et sur les polymères superabsorbants. Ces derniers «pourraient faire l'objet d'un prochain projet pilote», précise d'ailleurs Laurent Galtier.

La viabilité économique du projet «Happy Nappy» sera évaluée d'ici à la fin de l'année. Son directeur prévoit toutefois qu'il n'y aura «pas de processus industriel avant au mieux 2013».

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