Transat Saint-Barth - Port la Forêt : Meilhat raconte son accident et son sauvetage

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Transat Saint-Barth - Port la Forêt : Meilhat raconte son accident et son sauvetage
Transat Saint-Barth - Port la Forêt : Meilhat raconte son accident et son sauvetage

Hospitalisé depuis mardi aux Açores suite à son accident qui lui a causé une fracture du pelvis et d'une côte sur la Transat Saint-Barth - Port la Forêt, Paul Meilhat (SMA) a raconté ses mésaventures dans un communiqué de son équipe.

Communiqué de Pierre Meilhat (SMA) : 

« J’étais dans le plus fort de la dépression. Je n’avais plus d’électronique depuis trois jours, donc je ne sais pas combien il y avait de vent, mais les fichiers donnaient 50 /60 nds. J’étais sous la plus petite voilure possible. C’est là que je me suis aperçu que le lashing (transfilage en textile qui fixe le bas de l’étai au pont du bateau) de l’étai principal, celui qui tient le mât, avait cédé. Il fallait que j’intervienne car il y avait un risque pour le mât. Je me suis mis vent arrière pour ralentir le bateau. Je suis alors sorti sur le pont, harnaché, pour aller raccrocher le lashing. C’est là que le bateau est parti en accélération dans une vague. C’est cette vague qui m’a projeté en arrière. J’ai tout de suite senti la douleur. Dans la foulée, le bateau est parti en vrac et s’est couché sur le côté. Je suis revenu à quatre pattes sous la casquette. Ma première pensée a été de remettre le bateau en route pour éviter les îles des Açores qui étaient sous mon vent. J’ai tout de suite appelé Clément (de l’équipe technique de Mer Agitée) pour l’avertir. J’avais très mal aux côtes et une grosse contusion au niveau de la hanche. J’ai donc appelé le médecin Laure Jacolot (médecine du sport, Lorient) dans la foulée qui m’a rapidement prescrit de la morphine et qui, d’après mes symptômes, préconisait une évacuation. »

« En relation avec Marcus Hutchinson (directeur de projet), nous avons d’abord décidé de tenter de nous mettre à l’abri sous le vent de l’île de Sao Miguel. J’ai dû empanner et à l’approche de l’île, les conditions étaient atroces, avec 8 à 10 mètres de creux, le bateau partait au lof, dans tous les sens. Ça a été chaud, mais j’ai réussi à passer dans le nord-est de l’île, l’idée était que le patrouilleur portugais vienne me récupérer à ce moment-là. Mais nous n’avons pas réussi à nous retrouver dans le bon timing. En fin d’après-midi, lorsqu’il est arrivé à ma portée, SMA avait dérivé, les conditions de mer étaient trop mauvaises pour m’évacuer et le vent trop fort pour qu’un hélico puisse décoller. Au début, ça a été un petit coup dur de me dire que je passerais la nuit en mer. J’ai réussi à me caler sur le pouf dans le fond du bateau avec de la nourriture, de l’eau, des médicaments, l’ordi et le téléphone à portée de main. J’ai pu parler à mes proches et j’étais en contact avec l’équipe. »

« Le patrouilleur est revenu le lendemain dans la matinée. La veille, j’avais eu la présence d’esprit d’enfiler ma combinaison de survie même si ça a été très douloureux de me glisser dedans. Deux personnes sont montées à bord de SMA pour me transborder directement dans leur semi-rigide. Sans civière, ça a été un moment douloureux. Ils m’ont calé dans le fond du zodiac. Puis ils ont commencé à treuiller le semi-rigide pour le remonter à bord du patrouilleur, mais dans la manipulation, le bateau a chaviré et on s’est tous retrouvés à l’eau. On s’est donc retrouvés comme ça dans le bouillon accrochés les uns aux autres pendant une dizaine de minutes avant que l’hélico ne vienne nous récupérer un par un. Cette fois avec une civière. Les gars de l’hélico ont fait ça de main de maître. Une demi-heure plus tard, j’étais à l’hôpital. J’ai vraiment une pensée pour les sauveteurs. C’est impressionnant de voir ces gars qui viennent se mettre en danger pour te sauver toi, tu prends conscience de plein de choses. »

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