Tractations autour de la manifestation parisienne de jeudi

le , mis à jour à 16:01
2
    * Cazeneuve dit faire une proposition responsable 
    * Il invoque la fatigue des policiers et la menace 
terroriste 
    * Les syndicats ne veulent pas d'un rassemblement statique 
 
 (Actualisé avec réaction intersyndicale) 
    PARIS, 21 juin (Reuters) - Les sept syndicats mobilisés 
depuis trois mois contre la loi Travail ont refusé mardi la 
proposition d'un simple rassemblement statique jeudi dans la 
capitale, lors de premières discussions avec la préfecture de 
police de Paris. 
    Dans un communiqué, la CGT, FO et les autres organisations 
annoncent qu'elles feront des "propositions alternatives" de 
"manifestations itinérantes" lors d'une intersyndicale régionale 
réunie dans l'après-midi. 
    "Le préfet a insisté pour que l'action de jeudi soit 
contrainte à un rassemblement place de la Nation ou sur une 
autre place parisienne. Les organisations ont catégoriquement 
rejeté cette proposition", écrivent-elles. 
    Selon un dirigeant CGT d'Ile-de-France, les syndicats ont 
proposé un parcours "moins emblématique" que celui initialement 
prévu, de la place de la Bastille à Nation, "plus court" et avec 
"moins de commerces". "On attend la réponse", a-t-il dit. 
    Le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, a déclaré 
qu'il prendrait une "décision claire" en cas d'échec des 
discussions entre les syndicats et la préfecture de police.  
    "Au terme de l'aboutissement de ces discussions, je prendrai 
mes responsabilités en prenant une décision claire", a-t-il dit 
lors des questions d'actualité à l'Assemblée nationale. 
    Bernard Cazeneuve avait auparavant réitéré son souhait de 
limiter la mobilisation de jeudi contre la loi Travail à un 
simple rassemblement statique à Paris. 
    Il a invoqué une nouvelle fois les risques de violences et 
l'extrême "fatigue" des forces de l'ordre sollicitées 
simultanément par les mouvements sociaux, l'Euro de football et 
la menace terroriste. 
     
    LES SYNDICATS DE POLICIERS PARTAGES  
    "Je ne cherche pas à interdire les manifestations, je fais 
une proposition responsable", a-t-il dit à la presse.  
    Bernard Cazeneuve, selon qui le "niveau de menace est 
extrêmement élevé", a rappelé que plus de 500 policiers avaient 
été blessés depuis le début du mouvement en mars dernier. 
    Le Premier ministre, Manuel Valls, a accusé mercredi dernier 
la CGT de ne pas avoir su assurer le bon déroulement de la 
manifestation du 14 juin, dénonçant l'"attitude ambiguë" du 
service d'ordre du syndicat à l'égard des casseurs. 
    Dans une première réponse à Bernard Cazeneuve, les syndicats 
réunis autour de la CGT et de FO ont réfuté lundi les 
accusations de l'exécutif et renouvelé leur appel à deux 
nouvelles journées de mobilisation, jeudi et le 28 juin. 
  
    Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, 
manifestera jeudi à Bordeaux, a annoncé le syndicat. 
    Le syndicat de policiers Alliance a demandé pour sa part un 
report de la manifestation prévue jeudi à Paris, alors que 
SGP-FO a manifesté des réserves sur l'attitude des autorités. 
    "Je ne dis pas qu'il faut interdire cette manifestation, il 
faut simplement la reporter", a déclaré sur iTELE Frédéric 
Lagache, secrétaire général adjoint d'Alliance, premier syndicat 
de la profession.   
    Le représentant syndical souhaite que les organisateurs du 
rassemblement trouvent un accord avec la préfecture de police 
afin d'envisager un report, "le temps que les effectifs (de 
policiers) puissent retrouver de la ressource". 
    Nicolas Comte, porte-parole de SGP-FO, deuxième organisation 
de la profession, s'est montré plus critique à l'égard de 
l'attitude du gouvernement.  
    "On n'a pas toujours mis les moyens qu'il fallait pour 
empêcher les casseurs d'agir, ce serait paradoxal d'aller taper 
sur des syndicalistes qui manifestent pour leurs idées", a-t-il 
déclaré sur France Inter en évoquant des "prétextes politiques" 
pour contenir la contestation.  
    "Il faudra voir si la préfecture de police décide d'utiliser 
plus de forces et des moyens plus lourds pour interdire la 
manifestation d'organisations syndicales qu'elle n'en a utilisé 
pour empêcher les casseurs de sévir", a-t-il dit. 
 
 (Myriam Rivet, avec Gérard Bon, édité par Nicolas Delame) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M7097610 il y a 6 mois

    Casevieille n'a plus de casseurs à dispo ? ça commence à se voir et se savoir ?

  • dotcom1 il y a 6 mois

    On voit pas ce qu'une nième manif va changer, mis à part le nombre de vitrines cassées et d'hôpitaux caillassés.