Tout se loue sur Internet, mais à quel prix ?

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Le site e-loue, sur lequel les particuliers peuvent tout se louer, publie le premier argus de la location. Preuve de la montée en puissance de ce marché qui préfère le «pouvoir d'usage» au «pouvoir d'achat».

Après les véritables succès des sites de vente en ligne comme eBay, PriceMinister, ou encore le Bon Coin, la nouvelle tendance est à la location sur le Net. Une multitude de petits sites d'e-location, comme Zilok, Goopes ou encore Consoloc, fourmille sur la Toile, témoignant de l'engouement des Français pour le «consommer malin», ou comment utiliser un produit juste quand on en a besoin. Aujourd'hui, le leader et pionnier du marché en France, e-loue, publie le premier argus de la location, basé sur les dizaines de milliers de locations recensées par le site depuis trois ans. «Cet argus ne fixe pas de prix, il indique aux internautes qui n'ont aucune idée de la valeur locative de leur objet, combien il peut se louer et combien il peut rapporter», explique Alexandre Woog, le fondateur de la start-up incubée d'HEC.

Ainsi un vélo se loue 10 euros par jour, un barbecue 8 euros, un aspirateur 5 euros, un épilateur 10 euros, une chaîne Hifi 30 euros, une batterie 45 euros, un snowboard 7 euros, une bétonnière 25 euros, une voiture routière 55 euros , un puzzle 1 euro, etc. La liste est loin d'être exhaustive tant les objets en location sont variés, et parfois insolites: on trouve des caméras espion, des barres à striptease, des bus discothèque, des limousines, et même des chèvres à 10 euros par jour, pour débroussailler son jardin!

Le concept de la «consommation collaborative»

Alexandre Woog, le fondateur d'e-loue, va exporter son site de location en ligne à l'Europe.
Alexandre Woog, le fondateur d'e-loue, va exporter son site de location en ligne à l'Europe.

Le concept de «consommation collaborative*» a été formalisé début 2010 aux Etats-Unis par la socio-économiste Rachel Botsman et l'entrepreneur social Roo Rogers. Avec la crise, les gens ont pris conscience de l'essoufflement du modèle économique mondial actuel et rationnalisent leur comportement.

«Les mentalités changent. Aujourd'hui, on ne cherche plus tellement à augmenter son pouvoir d'achat, mais on tend à optimiser son pouvoir d'usage», confirme Alexandre Woog, soulignant qu'environ 90% de ses objets «dorment» à la maison. Exemple: je déménage, et j'ai besoin d'une perceuse pour accrocher mes tableaux et fixer mes meubles. Plutôt que de se précipiter pour acheter une perceuse - bon marché puisqu'elle ne me servira que quelques heures - j'en loue une de bonne qualité dans mon voisinage (le site propose un repérage sur des cartes). En face, le loueur, un auto-entrepreneur dans le BTP, rentabilise petit à petit son investissement en fonction de ses disponibilités.

Idem pour la voiture. «En moyenne, une voiture coûte 5000 euros par an. La mettre en location permet de soulager financièrement le propriétaire du véhicule, et de combler les besoins ponctels d'une famille parisienne qui part en week-end», poursuit le jeune entrepreneur, précisant que les questions d'assurances sont parfaitement maîtrisées.

L'e-location cristallise ainsi une réponse à la crise du pouvoir d'achat, au manque de place dans des logements toujours plus petits, aux aléas des grèves dans les transports... tout le monde semble y gagner, y compris e-loue, qui prend 15% de commission sur chaque «transaction», paiement et assurance compris. Sauf peut-être les petits bazars de quartiers, et les enseignes de la grande distribution.

* What's mine is yours. The rise of collaborative consumption, de Rachel Botsman et Roo Rogers, chez Harper Collins

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