"Tout à fait probable" prolongation de l'état d'urgence en France

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    * Hollande évoque la prolongation devant Bartolone et 
Larcher 
    * Le gouvernement ne veut prendre aucun risque 
    * "La menace terroriste est toujours là", dit Le Foll 
 
 (Actualisé avec Bartolone, Larcher et précision de l'Elysée) 
    PARIS, 20 janvier (Reuters) - La prolongation de l'état 
d'urgence en France au-delà de la fin du mois de février est 
"tout à fait probable", a déclaré mercredi François Hollande aux 
présidents des deux assemblées, selon des propos rapportés par 
ces derniers.   
    Soucieuses de ne pas prendre le risque d'échouer à empêcher 
un nouvel attentat dans un contexte de menace "extrêmement 
élevée", les autorités françaises s'acheminent vers une 
prolongation de ce régime d'exception, mis en place le 13 
novembre après les attentats qui ont fait 130 morts. 
    "Il l'a évoqué d'une manière tout à fait probable", a 
déclaré le président de l'Assemblée nationale, Claude Bartolone, 
après un entretien avec le chef de l'Etat. 
    "Il nous a annoncé qu'il aura l'occasion de communiquer très 
vite pour permettre au Conseil d'Etat et au Parlement de se 
prononcer sur ce texte", a-t-il ajouté devant la presse dans la 
cour de l'Elysée.  
    A ses côtés, son homologue du Sénat, Gérard Larcher, a 
rappelé que cette prolongation supposait une procédure précise. 
"Le Parlement doit donc être saisi d'un texte présenté en 
conseil des ministres avec l'avis préalable du Conseil d'Etat", 
a-t-il dit.       
    Dans la matinée, après le conseil des ministres, le 
porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll avait lié "les 
discussions en cours sur la question de l'état d'urgence" et 
"une menace terroriste à un niveau toujours extrêmement élevé". 
    L'Elysée a précisé qu'une décision serait prise dans les 
prochains jours.  
 
    PLUS DE 3.000 PERQUISITIONS  
    L'état d'urgence doit prendre fin le 26 février. Mais 
l'exécutif ne veut pas priver les services des moyens que leur 
donne ce régime d'exception avant l'entrée en vigueur de la 
future loi renforçant les moyens de lutte antiterroriste. 
    Le texte, qui doit être présenté le mois prochain au conseil 
des ministres, renforce les pouvoirs de la justice mais 
également ceux des préfets, ce qui a provoqué une levée de 
bouclier de certains magistrats.    
    Selon le ministre de l'Intérieur, Bernard Cazeneuve, l'état 
d'urgence a permis de faire "en deux mois, plus de 3.000 
perquisitions (...), qui ont permis la saisie de 500 armes, dont 
50 armes de guerre".  
    "Nous avons procédé à 400 interpellations, qui ont débouché 
sur 52 incarcérations", ajoute-t-il dans un entretien publié 
mercredi dans le quotidien La Croix.  
    Interrogé sur une prolongation, le ministre déclare qu'"il 
ne faut pas se priver des outils utiles. Il nous faut donc 
ajuster le dispositif en continu pour être efficaces". 
    L'état d'urgence, "ça a été efficace dans la durée et il 
faudra sans doute continuer", a pour sa part déclaré le Premier 
ministre, Manuel Valls, samedi sur France 2, en soulignant en 
même temps qu'"un pays aussi a besoin de se sentir rassuré". 
    Selon un sondage Yougov publié la semaine dernière, 77% des 
Français sont favorables à la prolongation de l'état d'urgence.  
    Les réticences s'expriment surtout dans les rangs des 
écologistes et de l'extrême gauche, qui jugent ce régime 
liberticide. La Ligue des droits de l'homme a saisi le Conseil 
d'Etat, qui devrait examiner sa demande le 26 janvier.  
    Outre la loi qui renforcera les moyens antiterroristes, 
l'exécutif espère faire adopter la révision de la Constitution 
pour y inscrire l'état d'urgence et la possibilité de déchoir de 
la nationalité les binationaux nés en France condamnés "pour un 
crime constituant une atteinte grave à la vie de la nation".  
    Cette dernière disposition rencontre de fortes réticences à 
gauche.  
    "S'il y avait aujourd'hui un vote, il y aurait une majorité 
au sein du groupe socialiste pour le voter", a cependant estimé 
mercredi le président du groupe socialiste à l'Assemblée 
nationale, Bruno Le Roux, sur LCP.  
 
 (Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves 
Clarisse) 
 
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