Tous séguinistes !

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Philippe Séguin nous a quittés le 7 janvier 2010.
Philippe Séguin nous a quittés le 7 janvier 2010.

Le séguinisme est la mode la mieux partagée du moment. Éric Zemmour est séguiniste, Xavier Bertrand, aussi. Floriant Phillipot du FN ne renierait pas l'héritage, Marine Le Pen non plus. Chez les frondeurs du PS, Benoît Hamon et Jérôme Guedj n'ont pas besoin d'être bousculés pour trouver le plus grand charme politique à l'ancien maire d'Épinal. Et que Jean-Luc Mélenchon ne vienne pas nous dire qu'il n'a pas quelques frissons à la relecture du fameux discours de Philippe Séguin contre Maastricht.De quoi Philippe Séguin était-il le nom, pour être à ce point aimé, salué et récupéré ? D'aucuns soupirent, péremptoires : "Il n'a rien fait, sa carrière politique est un échec." Ceux-là jugent les hommes politiques seulement à l'aune de ce qu'ils ont fait et de ce qu'ils n'ont pas fait, de leur CV, de leurs médailles, de leurs succès et, bien sûr, de la qualité de leur cynisme. Pour Philippe Séguin, mort il y a précisément cinq ans, l'affaire se joue ailleurs. Les Français, nombreux, qui lui ont rendu hommage, ce jour glacial du 10 janvier 2010, lorsque sa dépouille entrait dans la chapelle des Invalides pour recevoir les éloges de la nation, ont vu autre chose chez l'ancien premier président de la Cour des comptes. D'abord sa constance, sa cohérence, sa loyauté - aux hommes pas toujours, aux idées, jusqu'à la mort. Indépendance, voilà un mot qui lui était cher. Souverain, il l'était lui-même et voulait le même sort pour la...

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