Tous les hôpitaux d'Alep-Est seraient hors service

le , mis à jour à 23:01
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 (Actualisé avec nouveau bilan de l'OSDH) 
    BEYROUTH, 19 novembre (Reuters) - Tous les hôpitaux des 
quartiers est d'Alep aux mains des insurgés sont désormais hors 
service, après des jours d'intenses bombardements sur la grande 
ville du nord de la Syrie.  
    Samedi, au moins 48 personnes, dont cinq enfants, ont été 
tuées dans Alep-Est lors de bombardements aériens et de tirs 
d'artillerie, rapporte l'Observatoire syrien des droits de 
l'homme (OSDH). 
    "La destruction de ces infrastructures essentielles prive la 
population assiégée (mais) déterminée de centres de soins vitaux 
(...) et les laisse mourir", écrit dans un courrier électronique 
adressé à Reuters vendredi soir par un membre de l'opposition 
syrienne la direction sanitaire locale. 
    Selon Elizabeth Hoff, représentante de l'Organisation 
mondiale de la santé en Syrie, les organisations humanitaires 
placées sous la direction de l'Onu et présentes du côté turc de 
la frontière "ont confirmé aujourd'hui que tous les hôpitaux 
d'Alep étaient hors service". 
    L'OSDH, une ONG basée à Londres qui rend compte du conflit 
grâce à un réseau d'informateurs sur place, assure en revanche 
que certains centres hospitaliers de la partie assiégée de ville 
continuent à prodiguer des soins. Mais, ajoute-t-il, les 
bombardements dissuadent les habitants de s'y rendre.  
    A Washington, le gouvernement américain a condamné ces 
"horribles attaques" contre des hôpitaux et invité la Russie à 
prendre des mesures pour réduire le niveau de violence à 
Alep-Est et faciliter la livraison d'aide humanitaire. "Il n'y 
aucune excuse à ces actes haineux", dit la conseillère à la 
Sécurité nationale, Susan Rice, dans un communiqué.  
    Plusieurs centres de soins ont été endommagés ces derniers 
jours par les bombardements et certains ont été directement 
visés, selon le personnel médical et des habitants. 
    Médecins sans Frontières estime que depuis le début du mois 
de juillet les hôpitaux d'Alep-Est ont été touchés par des tirs 
ou des bombardements une trentaine de fois. "Il reste peu de 
médecins et il manque des fournitures médicales, avec 
l'impossibilité d'en envoyer", dit MSF. 
    Au total, 270.000 civils vivraient encore dans la zone et  
la population n'a, selon l'Onu, quasiment plus de vivres ni donc 
de médicaments, en raison de l'impossibilité de la ravitailler 
en aide humanitaire.     
    L'armée syrienne a repris ses raids aériens meurtriers mardi 
à Alep au terme d'une "pause" d'environ un mois. Depuis cette 
date, environ 180 personnes ont été tuées, dont une centaine à 
Alep-Est. Des combats au sol ont aussi lieu depuis vendredi à la 
périphérie des quartiers est.  
    L'aviation russe, qui appuie les forces gouvernementales 
dans le cadre du soutien militaire apporté par Moscou au régime 
du président Bachar al Assad, assure ne pas participer à ces 
opérations mais dit intervenir sur d'autres fronts.  
    L'opposition les accuse de viser délibérément des cibles 
civiles, ce que les deux parties démentent. 
 
 (Angus McDowall, avec Timothy Ahmann à Washington, 
Jean-Philippe Lefief, Gilles Trequesser et Tangi Salaün pour le 
service français) 
 
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