Tous les feux au vert pour la production laitière

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LE PRIX DU BEURRE ET LA COTATION DU LAIT REMONTENT SUR LES MARCHÉS
LE PRIX DU BEURRE ET LA COTATION DU LAIT REMONTENT SUR LES MARCHÉS

par Pierre-Henri Allain

RENNES (Reuters) - Après avoir fait la grimace, industriels et producteurs français de lait ont retrouvé le sourire face à la montée en flèche des prix du beurre et de la poudre de lait, grâce à une conjoncture internationale qui semble résolument tourner le dos à la crise.

Le prix du beurre a quasiment doublé en quelques mois, passant de 2.400 euros à 4.300 euros la tonne de mai à fin septembre sur les marchés mondiaux tandis que la cotation de la poudre de lait connaissait elle aussi une embellie notable, due à une baisse globale de la production de lait mondiale.

Les fromages "ingrédients" tels le cheddar, le gouda et la mozzarella pour les pizzas ont également le vent en poupe.

"Les cours ont augmenté de manière significative et on s'attend à ce que cette évolution perdure. Il y a eu une prise de conscience par rapport aux problèmes de surproduction tandis que la demande est restée ferme", se félicite Michel Nalet, directeur des relations extérieures du groupe Lactalis, qui attend toutefois encore que ces prix à la hausse se reportent sur les produits transformés.

Les producteurs de lait, après avoir obtenu cet été une majoration des prix auprès de Lactalis, pour atteindre une moyenne de 275 euros les mille litres pour 2016, ne s'attendent guère toutefois à profiter de l'embellie avant début 2017.

"On était descendu très bas pour toucher le fond et, depuis quatre ou cinq semaines, les prix de l'ensemble des produits laitiers ont connu des hausses très nettes et cela fait plaisir. Mais pour leur traduction sur le prix du lait payé aux producteurs, il faudra encore être patient", a dit à Reuters Pascal Clément, secrétaire général de la FNPL (Fédération nationale des producteurs de lait).

"La conjoncture est à la hausse et c'est une bonne chose mais elle intervient après une crise très dure en Europe et il faudra du temps pour renflouer les trésoreries", a t-il ajouté.

"ELAN DE RESPONSABILITÉ"

Tout en déplorant la disparition probable de "nombreux éleveurs", le leader syndical se réjouit également d'un "élan de responsabilité" à l'échelle de l'Union européenne qui a limité les volumes de lait produits et largement contribué a redonner vigueur aux prix mondiaux.

"Le plan européen d'indemnisation au lait non-produit est une bonne chose et plus de 20% des éleveurs français y ont très vite souscrit tandis que les Allemands entraient dans la même démarche", note t-il.

Si la spectaculaire remontée des prix des produits laitiers est due pour une bonne partie à une baisse de la production européenne, la collecte de lait a également diminué un peu partout dans le monde.

Etats-Unis, Nouvelle-Zélande, Amérique du Sud, le recul général de la production favorise un phénomène qu'est en outre venue renforcer une reprise de la demande chinoise.

"La Nouvelle-Zélande a liquidé tous ses stocks pour répondre à la demande chinoise qui a repris fin juillet et c'est une très bonne chose", commente Gérard Calbrix, directeur des affaires économiques de l'association de la transformation laitière française (ATLA), qui table également sur une demande plus forte des Chinois pour les produits laitiers européens dans les prochains mois.

Selon l'ensemble des observateurs, la hausse des prix ne sera pas en tout cas un simple feu de paille, la diminution des volumes demeurant confrontée à une demande mondiale qui reste forte avec une augmentation d'environ 2% chaque année.

(Edité par Yves Clarisse)

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  • lorant21 il y a 3 mois

    On nous a fait pleurer il y a 2 mois..