"Tous les enfants rêvent de devenir quelqu'un"

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"Tous les enfants rêvent de devenir quelqu'un"
"Tous les enfants rêvent de devenir quelqu'un"

Il n'a pas changé. La coupe est toujours soignée, le regard toujours aussi convaincu et les mains toujours aussi immenses. Vainqueur de l'Euro 92, légende de son poste, Peter Schmeichel était de passage cette semaine à Paris pour Carlsberg, partenaire officiel de l'Euro en France. L'occasion de voir que la détente n'a pas changé. Entretien.

Le début de l'Euro en France doit vous évoquer beaucoup de bons souvenirs. Où étiez-vous et que faisiez-vous quand vous avez appris que vous alliez finalement disputer l'Euro 1992 avec le Danemark ?
Je terminais une première saison très décevante avec Manchester United. Nous avions perdu le titre dans les deux dernières semaines. Nous aurions dû le gagner, mais nous avons déconné. J'étais très déçu. Nous avions encore un match de préparation face à la CIS avec la sélection. Nous nous entraînions tous les jours pendant deux semaines. Nous n'étions pas vraiment en vacances : là-haut un petit peu (il montre sa tête), mais en bas pas du tout (il montre ses jambes). Tous les matins, nous venions nous entraîner. Le fameux jour, nous avions deux séances d'entraînement, une le matin et une l'après-midi. Nous déjeunions tous ensemble le midi. On y pensait, bien évidemment, mais on se disait tous : "Ça n'arrivera jamais, ils n'excluront pas la Yougoslavie comme ça." C'était une décision très lourde de la communauté internationale. Ça ne touchait pas que le sport, c'était à tous les niveaux. Nous n'espérions pas ça, nous savions que c'était terrible pour le peuple yougoslave et pour les joueurs qui s'étaient qualifiés sur le terrain pour aller à l'Euro. Mais nous entendions les rumeurs d'exclusion. Puis d'un coup, elles sont devenues vraies. On nous a avertis et on a dû commencer la préparation. Peu importe comment on retourne la chose, on a quand même réussi à bien se préparer.

Avant la compétition, votre sélectionneur, Richard Møller Nielsen, a pourtant eu ces mots : "On va en Suède pour gagner le championnat d'Europe." C'était vraiment l'objectif ?
C'est facile de dire oui avec le recul, alors qu'on l'a effectivement gagné. Personne ne croyait vraiment qu'on pouvait faire un coup. Mais l'ambiance dans le groupe était bonne. Si on met les deux premiers matchs de qualification de côté, on était la meilleure équipe du groupe. Nous savions que nous avions le niveau pour bien figurer pendant cet Euro. Notre ambition, c'était surtout d'y aller et de bien figurer. Nous ne voulions pas venir, perdre trois matchs et rentrer à la maison pour être oubliés pour toujours. Beaucoup de jeunes joueurs avaient vécu ça quatre ans plus tôt en Allemagne, moi le…


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