Touraine: Fillon entend "ni plus ni moins" privatiser le système de santé

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La ministre de la Santé Marisol Touraine, le 8 novembre 2016 à l'Assemblée nationale à Paris ( AFP/Archives / JACQUES DEMARTHON )
La ministre de la Santé Marisol Touraine, le 8 novembre 2016 à l'Assemblée nationale à Paris ( AFP/Archives / JACQUES DEMARTHON )

François Fillon, désigné dimanche comme candidat de la droite à l'élection présidentielle de 2017, entend "ni plus ni moins" procéder à "une privatisation du système de santé", a dénoncé lundi la ministre de la Santé, Marisol Touraine, à l'Assemblée nationale.

"Le candidat désigné de l'opposition pour la prochaine élection présidentielle propose (...) que les Français qui ne souffrent pas d'une affection de longue durée ou d'une maladie grave ne soient plus remboursés par la Sécurité sociale", a lancé la ministre socialiste, lors de l'examen en nouvelle lecture du projet de budget de la Sécu pour 2017.

"Il ne s'agit (...) ni plus ni moins que d'une privatisation du système de santé", a ajouté cette fidèle de François Hollande, y voyant un "retour en arrière sur les valeurs", mais aussi "un surcoût massif pour les familles".

"Ces familles doivent savoir que le cycle des angines et gastros hivernales, que les vaccinations, le traitement des caries, les consultations régulières chez l’ophtalmologue ou, pour les femmes, le gynécologue devront être payés de leur poche", a dit Mme Touraine.

Le programme du député LR de Paris et ex-Premier ministre de Nicolas Sarkozy, prévoit de concentrer les remboursements du système public d'assurance-maladie sur "les affections graves et de longue durée", le reste incombant aux assurances privées, avec un régime spécial de couverture pour les moins favorisés.

Défendant "la cohérence" de l'ultime projet de budget de la Sécurité sociale du quinquennat, qui promet la fin du célèbre "trou" et prévoit notamment une baisse de CSG pour les retraités modestes, Mme Touraine a dénoncé les modifications du Sénat, à majorité de droite, en première lecture.

Elle y a vu "le refus de mesures de progrès social, la frilosité face aux réformes structurelles et l’irresponsabilité budgétaire", appelant les députés à rétablir leur version, qui en est "le miroir inversé".

Le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert a également attaqué le programme de François Fillon, disant l'avoir entendu avec "stupéfaction" et "beaucoup d’inquiétude" programmer "le démantèlement de notre système de Sécurité sociale".

"Nous ne vous laisserons pas faire", a-t-il lancé à l'opposition. "Nous ne vous laisserons pas faire croire aux Français que notre modèle social prend l’eau, quand il ne s’est jamais aussi bien porté depuis vingt ans", a-t-il ajouté, réaffirmant le sérieux de ce budget taxé d'"insincérité" par la droite.

"Les événements d'hier vous rendent fébriles, mais vous allez avoir l'occasion de choisir parmi la multitude de candidats qui semblent s'annoncer chez vous", a ironisé Arnaud Viala (LR), s'étonnant de "la charge virulente" du gouvernement.

L'UDI Arnaud Richard a dit sentir "la majorité un peu nerveuse". "Il faut croire que le déjeuner leur est resté sur l'estomac", a-t-il glissé, en référence à la rencontre Valls-Hollande après un week-end de tensions dans l'exécutif.

Marion Maréchal-Le Pen (FN), a dénoncé de son côté un "budget mensonger", et pointé la "co-responsabilité" du gouvernement avec "l'ancienne majorité de droite" sur les déficits.

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