Tour de France: Voeckler et Dumoulin n'ont pas su s'échapper

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THOMAS VOECKLER ET SAMUEL DUMOULIN N'ONT PAS SU S'ÉCHAPPER
THOMAS VOECKLER ET SAMUEL DUMOULIN N'ONT PAS SU S'ÉCHAPPER

par Gregory Blachier

PAU, Pyrénées-Atlantiques (Reuters) - Le bonheur de Pierrick Fédrigo, vainqueur de la quinzième étape du Tour de France lundi à Pau, contrastait avec la déception de deux de ses compagnons d'échappée, Thomas Voeckler et Samuel Dumoulin, qui n'ont pas pu manoeuvrer comme ils l'entendaient.

Le coureur de la FDJ-Big Mat a attaqué à cinq kilomètres de l'arrivée, privant ses rivaux français du scénario qui leur aurait le mieux convenu: à Voeckler, une tentative à quelques centaines de mètres de l'arrivée; à Dumoulin, une arrivée plus groupée où il aurait pu faire parler sa pointe de vitesse.

L'un comme l'autre se sont sentis surveillés dans cette échappée qui comptait trois autres coureurs - l'Américain Christian Vande Velde - seul à suivre Fédrigo dans son attaque -, le Danois Nicki Sörensen et le Belge Dries Devenyns.

Thomas Voeckler ayant déjà triomphé dans ce Tour, à Bellegarde-sur-Valsérine, la déception la plus grande se lisait sur le visage de Samuel Dumoulin qui n'a pas eu le sentiment de pouvoir lutter pour la victoire.

"J'ai eu du mal, c'était vraiment une belle échappée, qui s'est jouée à la pédale sur un parcours usant", a-t-il expliqué.

"C'était des coureurs d'expérience, aguerris, puissants. Dans l'échappée, on avait déjà laissé des cartouches, dans le final ce n'était pas évident."

Sans doute ses compagnons avaient-ils dans l'idée de ne surtout pas offrir à ce coureur au physique atypique - trapu, puissant et petit (1m59) l'occasion de les effacer sur un sprint.

"Il m'a manqué le finish. J'ai peut-être été desservi par ma réputation", a dit celui qui aurait aimé offrir un peu de réconfort à son équipe Cofidis, atteinte par l'interpellation de Rémy Di Grégorio dans une affaire de dopage et par l'abandon de son leader David Moncoutié.

"UN PEU PLUS SURVEILLÉ"

Thomas Voeckler a lui aussi estimé que ses succès antérieurs l'avaient sans doute empêché de faire mieux.

Le Français, vainqueur de la dixième étape après avoir très bien manoeuvré pour se défaire de ses rivaux directs, s'est vu enfermé sous l'étroite surveillance des autres coureurs.

"On était six devant, il y avait trois coureurs français, peut-être que j'étais un peu plus surveillé qu'un autre coureur de l'échappée du fait de ma victoire l'autre jour. Ça avait montré que j'avais de bonnes jambes", a-t-il dit.

Le leader de la formation Europcar a tenté de relancer pour aller chercher Fédrigo mais a eu le sentiment de ne pas pouvoir sortir seul du groupe des quatre qui avaient été distancés par le futur vainqueur du jour et Vande Velde.

"Pierrick, quand il a attaqué, il avait vraiment de la force et après on a essayé de revenir", a-t-il exposé.

"Mais je n'allais pas non plus me sortir les tripes. Si je me sors les tripes, c'est pour gagner, c'est pas pour faire gagner un autre. Il est clair que j'ai tenté à mon tour, mais on m'a pas laissé partir."

Le moins déçu semblait finalement être Vande Velde, pourtant le seul à avoir suivi Fédrigo jusqu'à la ligne, mais en sachant qu'il avait peu de chances de prendre le dessus.

"Fédrigo est un bien meilleur sprinteur que moi donc il n'y avait vraiment pas grand chose à faire", a-t-il dit.

"Je savais que mes chances n'étaient vraiment pas élevées avec lui. Mais je suis quand même content de ma course."

Edité par Henri-Pierre André

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