Tour de France: une première étape promise aux puncheurs

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Tour de France: une première étape promise aux puncheurs
Tour de France: une première étape promise aux puncheurs

par Gregory Blachier

LIEGE (Reuters) - Les sprinteurs devront sans doute patienter pour entrer dans la danse car la première étape du Tour de France, ce dimanche entre Liège et Seraing, semble promise aux puncheurs avec ses 198 km de vallons et son arrivée en côte.

Jugée trop difficile pour s'achever par ces bagarres massives et brutales que le Britannique Mark Cavendish espère encore dominer cette année, elle devrait s'offrir au plus opportuniste, à celui qui saura s'envoler ni trop tard ni trop tôt.

Evacuée la menace des purs sprinteurs, l'étape s'annonce donc animée, ouverte, sans doute disputée face à une marée humaine tant la région vibre au rythme des coups de pédale, et lancera pour de bon ce Tour après un prologue déjà intense.

"Le Tour de France commence vraiment demain", a ainsi résumé samedi le vainqueur 2011, Cadel Evans.

L'étape qui parcourra la région de Liège sera émaillée de plusieurs pentes pas si douces, dont la dernière mènera le peloton sur Seraing à 4,7% pendant 2,4 km.

Elle rappelle cette septième étape du Tour 1995 entre Charleroi et Liège, qui évoquait les classiques et avait fait exploser le peloton, plaçant Miguel Indurain sur l'orbite d'un cinquième succès.

"C'est une étape piégeuse", souligne le directeur du Tour de France, Christian Prudhomme.

"Il y aura forcément des cassures, mais il y aura pas mal de coureurs qui peuvent la gagner."

Sur ces routes si exigeantes, le Belge Philippe Gilbert, local de l'étape de dimanche, a longtemps été le meilleur.

L'année dernière, il avait écrasé les classiques, ces courses d'un jour où il faut savoir quand et où aller chercher la victoire.

Cette saison, le coureur de BMC est nettement moins dominateur. Chute dans Milan-San Remo, abandon dans l'E3, 39e de Gand-Vevelgem et 79e du Tour des Flandres, il a vécu un début de printemps cauchemardesque au regard de ses ambitions.

Aux questions sur son état de forme, il a répondu dans les classiques ardennaises où, sans s'imposer, il a de nouveau montré de belles dispositions, terminant troisième de la Flèche Wallonne et sixième de l'Amstel Gold Race.

Le prologue du Tour de France, samedi dans les rues de Liège, aura lui aussi rassuré une région qui attend de le voir triompher à domicile. La ferveur de ses supporters l'a porté jusqu'à la neuvième place du chrono liégeois.

"C'est un sentiment incroyable. Les gens me poussaient (...) Pour moi, c'est vraiment exceptionnel", a-t-il dit en guise de remerciements.

Gilbert, l'enfant de Verviers, originaire de Remouchamps, deux petites communes proches de Liège, est donc au rendez-vous et tout un pays est derrière lui.

Cela devrait peser d'autant plus lourd que cette étape lui convient bien mieux qu'aux sprinteurs. Le meilleur d'entre eux l'avoue: "Demain, c'est trop dur. Ça commence vraiment lundi pour nous", a dit Mark Cavendish.

Si l'ogre aux vingt victoires sur le Tour est décidé à patienter, d'autres ont tout intérêt à en profiter.

Avec Mark Meadows et Gilles Le Roc'h, édité par Marine Pennetier

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