Tour de France: une centième sereine ?

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1ÈRE ÉTAPE DU TOUR DE FRANCE
1ÈRE ÉTAPE DU TOUR DE FRANCE

par Gilles Le Roc'h

PORTO-VECCHIO, Corse du Sud (Reuters) - La centième édition du Tour de France débute samedi avec l'espoir d'un anniversaire serein qui offrirait un combat entre Alberto Contador et Christopher Froome dont l'issue ne prêterait à aucune discussion.

Depuis la présentation du centième Tour en octobre, les organisateurs ont répété leur fierté de rendre visite à la Corse, où sera donné le grand départ, se sont préparés à un duel alléchant entre l'Espagnol et le Britannique et ont accepté avec fatalisme le renoncement du dernier vainqueur, Bradley Wiggins.

Les courbes de forme et la préparation des coureurs, qui ne pensent qu'à ça depuis des mois, ont suscité tantôt l'intérêt, tantôt l'incompréhension.

Le Tour a aussi fait face à l'opprobre avec la déchéance de Lance Armstrong, septuple vainqueur rayé du palmarès, dont le mensonge a posé un voile noir sur l'histoire de la plus grande course cycliste du monde tout en gâchant son présent.

Ces derniers jours, les aveux de Jan Ullrich ou la mise en cause de Laurent Jalabert, dernier grand coureur français, ont encore apporté de l'eau au moulin des critiques.

La Grande boucle en a cependant vu d'autres : deux guerres mondiales, la mort de coureurs en course - l'Espagnol Francesco Cepeda en 1935, l'Anglais Tom Simpson en 1967 et l'Italien Fabio Casartelli en 1995 -, d'innombrables cas de dopage, des campagnes de presse demandant son arrêt. Et elle reste debout.

OCCUPER LE TERRAIN

Les scandales se sont répétés, son palmarès est entaché mais au fil des ans, des générations de suiveurs ont continué de se masser le long des routes.

Le Tour s'est renforcé et n'a cessé de rappeler qu'il est bien plus qu'une course, bien mieux que le théâtre à ciel ouvert de cyclistes en quête de maillots jaune, vert, blanc ou à pois, avides de lever les bras.

Qu'on l'aime ou pas, le Tour est une institution qui, en une année sans Jeux olympiques ou autre compétition majeure, est l'événement de l'été, qui plus est cette fois parce qu'il s'agit de sa 100e édition et parce que les attentes sont grandes.

Il y a ceux qui veulent voir la France renouer avec son âge d'or en misant sur Thibaut Pinot ou Thomas Voeckler.

Il y a ceux qui entrevoient les attaques de Contador dans la montagne et les contres de Froome et du Team Sky. Il y a les admirateurs de Mark Cavendish et les supporters exclusifs.

Il y a enfin un parcours qui offrira une vue splendide sur les calanques de Piana, la cathédrale d'Albi, les remparts de Saint-Malo, le Mont-Saint-Michel, le mont Ventoux, la descente de Sarrène et l'Arc de Triomphe à la tombée de la nuit.

Du 29 juin au 21 juillet, le Tour va accaparer les regards, nourrir les espoirs, conforter les doutes, amuser les rabat-joie, émouvoir les nostalgiques. Il va tout simplement occuper le terrain.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin et Grégory Blachier

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