Tour de France: Tony Martin est un survivant

le
0
TONY MARTIN LE SURVIVANT
TONY MARTIN LE SURVIVANT

par Gilles le Roc'h

MONT-SAINT-MICHEL, Manche (Reuters) - Tony Martin est une machine et il l'a démontré plus encore mercredi en gagnant le deuxième contre-la-montre de sa carrière, douze jours après avoir été victime d'une terrible chute.

Dans les moments forts de ce centième Tour, l'image de Tony Martin faisant un vol plané à très haute vitesse dans le peloton s'apprêtant à désigner le vainqueur de la première étape à Bastia, reviendra souvent. Et à chaque fois, il y aura de quoi être saisi d'effroi.

Le voir descendre du bus de son équipe Omega Pharma-Quick Step après avoir perdu connaissance à deux reprises, allongé dans un brancard, le corps dans un matelas coquille, la tête dans une minerve avait été un choc et malgré tout, malgré ses douleurs, ses brûlures, sa peau meurtrie partout sur son corps, Tony Martin avait pris le départ de la deuxième étape et tenu bon, jour après jour.

"Mon but était de continuer dans le Tour, c'est un honneur d'y participer, et j'ai été très content quand le médecin m'a donné le feu vert pour continuer après divers examens médicaux à Bastia. Depuis, j'ai tout fait en prévision de cette étape en sachant que je ne pourrais pas être super opérationnel dans le contre-la-montre par équipes de Nice", a-t-il expliqué.

"Toute mon équipe, coureurs et staff, m'a apporté un soutien extraordinaire depuis Bastia mais je dois reconnaître que je n'ai pas souffert des suites de cette chute aujourd'hui."

Parti à 12h36, soit un peu plus de quatre heures avant Christopher Froome, Tony Martin a établi la troisième vitesse dans un-contre-la montre du Tour supérieur à 20 kilomètres en 54,271 km/h, soit un peu plus lentement que Greg LeMond dans le Versailles-Paris du Tour 1989 en 54,545 km/h.

Surtout, il a gagné le trentième contre-la-montre de sa carrière, le deuxième dans le Tour après s'être imposé à Grenoble en 2011.

"Pour être honnête, je prends les victoires comme elles viennent, je ne les compte pas", assure-t-il. "Je préfère perdre un contre-la-montre dans le Critérium du Dauphiné et gagner ici dans le Tour. J'ai des objectifs et c'est tout simplement bon de les atteindre. Le prochain est le championnat du monde du contre-la-montre à Florence en Italie."

Le plus dur pour lui, entre Avranches et le Mont-Saint-Michel fut sans doute la très longue attente le séparant du podium protocolaire. Plus encore en suivant Christopher Froome, meilleur temps d'une seconde puis de deux secondes aux deux premiers temps de passage. Finalement 14 secondes ont séparé les deux hommes à l'arrivée.

"Très franchement la seule chose qui compte est d'avoir gagné. Froome et moi avons mené notre chrono de la même façon en donnant tout du départ à l'arrivée mais j'avais peut-être plus de réserves que lui pour affronter les deux derniers kilomètres avec un fort vent de face. C'est une de mes plus belles victoires", a-t-il dit.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant