Tour de France: Thomas Voeckler "très fier"

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THOMAS VOECKLER "TRÈS FIER" APRÈS SA VICTOIRE D'ÉTAPE DANS LES PYRÉNÉES ET SON MAILLOT À POIS
THOMAS VOECKLER "TRÈS FIER" APRÈS SA VICTOIRE D'ÉTAPE DANS LES PYRÉNÉES ET SON MAILLOT À POIS

par Gilles Le Roc'h

BAGNERES-DE-LUCHON, Haute-Garonne (Reuters) - Thomas Voeckler s'est mis en tête de marquer le Tour et, puisqu'il n'était pas en mesure de lutter pour le maillot jaune, il a jeté son dévolu sur celui du meilleur grimpeur qu'il a conquis au prix d'une sacrée chevauchée dans les Pyrénées.

Maillot jaune dix jours en 2004, dix nouvelles journées en 2011, vainqueur d'une étape en 2009 à Perpignan, en 2010 à Bagnères-de-Luchon, et déjà cette année à Bellegarde-sur-Valserine, le leader d'Europcar s'est de nouveau imposé en Haute-Garonne, en employant les grands moyens dans cette seizième étape.

Comme le faisaient les coureurs d'un cyclisme oublié, soulevant l'admiration des milliers de personnes massées sur les routes, Voeckler a été échappé toute la journée, d'abord en compagnie de 37 autres coureurs qu'il a éliminés les uns après les autres jusqu'à finir seul.

"L'objectif de la journée n'était pas de gagner l'étape mais de conquérir le maillot à pois", a-t-il dit.

"Pour cela, je savais devoir passer toute la journée devant et passer au sommet des cols devant (Fredrik) Kessiakoff sur qui j'avais 32 points de retard."

"J'ai donc pris les cols un par un - Aubisque, Tourmalet, Aspin et Peyresourde. Un col était une course. J'ai fait quatre courses dans la journée."

"DANS UNE AUTRE DIMENSION"

C'est dans la dernière difficulté de la journée que le Français s'est isolé en tête de course, distançant son compatriote Brice Feillu qui a franchi la ligne épuisé et en larmes.

"Je suis dans une autre dimension, a dit le héros du jour. Je cours dans ces montagnes depuis que j'ai 19 ans et j'en connais chaque parcelle par coeur."

"Il y a quatre ou cinq ans, je ne pensais pas être capable de ça. Et je sais ce qui m'attend demain pour garder le maillot à pois."

La voix de Voeckler, tout à sa joie et ne cessant de parler, est devenu progressivement rauque. Il a dit être la victime de la climatisation de sa chambre d'hôtel mais rien qui puisse l'accabler tant ce Tour, bien mal commencé, lui réserve de bonnes surprises.

Contrarié par une blessure du genou, il a débuté à Liège en manque de compétition. La douleur renaissante lui a fait craindre l'abandon dans la troisième étape, d'Orchies à Boulogne-sur-Mer.

Au final, il compte deux victoires d'étapes et porte un maillot à pois qu'il rêve d'emmener à Paris, comme l'avait fait son copain Anthony Charteau il y a deux ans.

"C'est difficile de faire un classement de mes émotions mais je suis très fier de faire ce que j'ai fait aujourd'hui", a-t-il déclaré.

"J'ai pu prendre cette échappée parce que je suis loin au classement, j'ai eu la chance d'avoir de bonnes jambes mais de là à passer tous les cols en tête et à gagner l'étape..."

Edité par Gregory Blachier

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