Tour de France: Thomas Voeckler détonne encore

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THOMAS VOECKLER, MEILLEUR GRIMPEUR DU TOUR DE FRANCE 2012
THOMAS VOECKLER, MEILLEUR GRIMPEUR DU TOUR DE FRANCE 2012

par Gregory Blachier

PARIS (Reuters) - Il avait pris le départ du Tour de France avec un genou abîmé, mais cela n'a guère pesé car Thomas Voeckler court d'abord avec la tête.

Mental et sens tactique ont une nouvelle fois été les mamelles du succès du Français qui, un an après avoir animé le Tour en s'accrochant dix jours à son maillot jaune, s'est offert celui à pois rouges du meilleur grimpeur.

"Je ne l'avais jamais imaginé, comme je n'avais pas imaginé porter le maillot jaune en 2004, pas le reporter un jour ni le garder dix jours en 2011", a-t-il dit samedi.

"Je suis toujours motivé, je suis ambitieux, mais je n'ai pas d'objectif précis. Mais je vais apprécier."

Thomas Voeckler n'est ni le plus rapide des coureurs, ni le meilleur en montagne, ni le plus puissant. Pas non plus le plus apprécié du peloton.

Mais il laisse rarement filer une occasion de se distinguer.

Après s'être assuré de défiler sur les Champs-Elysées avec son maillot à pois, jeudi dans la dernière étape des Pyrénées, il disait être parti avec "une calculette dans la tête".

L'essentiel du travail avait été fait la veille, dans la 16e étape, remportée en solitaire après avoir franchi en tête rien moins que les prestigieux cols d'Aubisque, du Tourmalet, d'Aspin et de Peyresourde.

Thomas Voeckler avait faim en abordant ces sommets, frustré la veille de n'avoir pas su surprendre ses compagnons d'échappée et de voir Pierrick Fédrigo s'imposer à Pau.

Le lendemain, il a pris la bonne échappée et, sans dominer franchement ses adversaires, a usé de malice pour devancer son dernier rival pour le maillot à pois, Fredrik Kessiakoff, à chaque passage au sommet.

"FAIRE DIFFÉRENT"

Le coureur préféré du public français - François Hollande l'a constaté lui-même vendredi sur la route où il a "entendu plus que de Thomas que de François" -, aurait pourtant pu se ménager.

Il avait déjà inscrit son nom au palmarès du Tour 2012.

Dans la dixième étape, Voeckler avait faussé compagnie à une poignée de rivaux pour signer à Bellegarde-sur-Valserine la troisième victoire d'étape de sa carrière dans le Tour. En fin tacticien.

Ce succès semblait déjà inespéré pour le coureur de 33 ans qui, avant le départ à Liège, disait ne pas attendre grand chose de cette Grande Boucle.

Il l'abordait avec un genou droit encore convalescent, dix jours après avoir abandonné dans la Route du Sud, et disait alors qu'il ferait de son mieux, qu'il serait "lui-même".

Sans espoir au classement général, où il avait pris la quatrième place l'année dernière, Thomas Voeckler a donc trouvé un autre terrain pour se montrer et pour gagner.

"Avant le Tour déjà, sans parler de ma préparation contrariée, je n'avais pas l'ambition de faire aussi bien, mais de faire différent", a-t-il souligné.

"Si on m'avait dit que je rentrerai avec deux étapes et un maillot à pois, j'aurais eu du mal à y croire."

Ce dimanche, il a bien défilé sur les Champs-Elysées avec un maillot à pois qu'il ne se sentait "pas capable" de conquérir il y a encore quelques années.

A 33 ans, il ajoute ainsi une belle ligne à son palmarès et écrit une nouvelle page de son étonnante histoire d'amour avec le Tour de France.

Edité par Jean-Stéphane Brosse

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