Tour de France: "Sur le vélo, j'en ai pleuré", décrit Riblon

le
0
CHRISTOPHE RIBLON, LES LARMES DE BONHEUR DU VAINQUEUR
CHRISTOPHE RIBLON, LES LARMES DE BONHEUR DU VAINQUEUR

par Gilles Le Roc'h

L'ALPE D'HUEZ, ISERE (Reuters) - Un insoutenable bonheur a accompagné Christophe Riblon dans le dernier kilomètre de l'étape-reine du Tour de France gagnée jeudi au terme d'une étape de rêve pour lui, pour son équipe et pour le public français fou de joie.

"Sur le vélo, j'en ai pleuré et sur la ligne j'ai embrassé la médaille où sont inscrits les prénoms de ma femme et de deux de mes petites filles. La dernière, Lou, n'était pas née quand j'ai gagné à Ax-3 Domaines (en 2010-NDLR)et ma femme m'avait offert cette nouvelle médaille", a-t-il dit les yeux encore humides.

Il s'agit seulement de la troisième victoire d'étape française dans cette mythique étape de l'Alpe d'Huez après celles de Bernard Hinault en 1986 et Pierre Rolland en 2011.

C'est dire l'exploit signé par le coureur de l'équipe AG2R-La Mondiale, échappé depuis le départ comme il l'avait été déjà à trois reprises depuis Porto-Vecchio.

Son exploit a été magnifié sur les pentes de l'Alpe d'Huez quand il a gommé en trois kilomètres l'avance de 37 secondes de l'Américain Tejay Van Garderen (BMC), lui a porté l'estocade à un peu moins de deux kilomètres du sommet pour pédaler vers un instant de gloire dont il entendra parler toute sa vie.

A 32 ans, cet ancien pistard, deuxième du championnat du monde de la course aux points en 2008, n'en est pas à sa première victoire dans le Tour.

Il y a trois ans, un 18 juillet déjà, il s'était imposé en solitaire à Ax-Trois Domaines en ayant à ses trousses le peloton distancé de trois minutes seulement au pied de l'ascension.

Cette fois, c'est en puisant dans ses réserves, en réussissant un incroyable retournement de situation, qu'il s'est illustré.

"Et c'est à l'Alpe d'Huez, c'est incroyable. Je n'avais pas encore dix ans, je regardais cette étape à la télévision! C'est mythique", dit-il.

"Il y a deux ans, j'étais échappé avec Pierre Rolland quand il a gagné et je pensais avoir laissé passer une occasion en or. Là, quand j'ai aperçu Van Garderen à trois kilomètres de l'arrivée, je me suis dit que c'était une chance inouïe. Mon directeur sportif n'avait jamais cessé d'y croire, moi un peu moins, mais il avait raison."

"ÉRADIQUER LA SUSPICION"

Christophe Riblon revient de loin, pourtant, lui qui a été tétanisé des mois durant et jusqu'au mois de mars par de violentes douleurs dorsales restées une énigme pour la médecine.

Via son grand copain et ancien coureur Marc Meilleur, l'ancien champion du monde sur piste Arnaud Tournant lui a conseillé un ostéopathe, Nicolas Bounine. Quatre mois plus tard, Riblon a gagné l'étape de rêve du 100e Tour de France.

On comprend qu'il ait pleuré, que toute l'équipe Ag2R-La Mondiale ait pleuré et que son manager Vincent Lavenu, qui a tout connu en 24 heures, ait pleuré.

"J'ai pleuré hier (mercredi) après l'abandon sur chute de notre leader Jean-Christophe Péraud. J'ai pleuré aujourd'hui... C'est une émotion incroyable", a dit Lavenu.

"Il faut tant d'investissement pour faire vivre une équipe de haut niveau. C'est l'étape absolue que tous les directeurs sportifs veulent gagner. Je ne voulais pas l'espérer."

La victoire de Christophe Riblon est aussi la consolation d'une année noire avec les contrôles positifs à l'EPO de Steve Houanard en octobre 2012 puis à l'Heptaminol de Sylvain Georges dans le Giro.

Ils avaient contraint Lavenu à auto-suspendre son équipe pendant le Critérium du Dauphiné en vertu du règlement MPCC.

"Je suis partisan de toute la lutte antidopage. Jeudi matin j'ai subi un contrôle MPCC (taux de cortisol). C'est une bonne chose, il faut continuer à se battre. Il faut écarter les tricheurs et je pense qu'il n'y en a pas beaucoup. Il faut éradiquer la suspicion", a dit Riblon, campé sur sa gloire toute fraîche.

"Honnêtement, je ne comprends pas ce qui est infligé à Chris Froome qui ne mérite pas ça. Quand on fait mal au maillot jaune, on fait mal au vélo. Franchement, nous faisons tous très bien notre métier, toute l'année, en espérant vivre des moments comme ceux-là. Tous les coureurs sont clairs, le MPCC est une grande avancée. Parlez du vélo en bien, pour les exploits. Arrêtez de nous dénigrer".

Edité par Jean-Paul Couret

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant