Tour de France: Sky ne remettra pas en question sa hiérarchie

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PAS DE CHANGEMENT DE HIÉRARCHIE CHEZ SKY
PAS DE CHANGEMENT DE HIÉRARCHIE CHEZ SKY

par Julien Pretot

ANNONAY DAVEZIEUX, Ardèche (Reuters) - Christopher Froome semble être au mieux de sa forme mais le Team Sky ne laissera pas deux hommes courir le même objectif dans le Tour de France, où toute sa stratégie vise à faire gagner Bradley Wiggins.

Alors qu'il emmenait son leader dans l'ultime montée de la onzième étape, jeudi, vers La Toussuire, Chris Froome a attaqué à trois km de l'arrivée, laissant le maillot jaune sur place. Rappelé à l'ordre par son équipe, il s'est redressé et a fini avec Wiggins.

A l'arrivée, les deux hommes ont été interrogés sur ce fait de course qui a même provoqué un échange de piques entre leurs compagnes sur Twitter.

L'étape ayant permis à Wiggins de conforter sa place de leader du classement général et à Froome de prendre la deuxième place puisqu'il avait l'autorisation de partir seul à 500 m de l'arrivée, Sky n'a eu aucun mal à dédramatiser l'incident.

"Tout va bien. Tout ne peut pas se passer comme prévu. Je ne veux pas entrer dans les détails, disons qu'il y a eu une petite incompréhension", a dit le directeur sportif Sean Yates aux journalistes avant le départ de la douzième étape.

Yates avait dû appeler Froome après avoir réalisé que Wiggins ne pouvait pas suivre son équipier, à la différence des autres favoris présents dans leur petit groupe, dont l'Italien Vincenzo Nibali, troisième du classement général.

"J'ai pu contacter (Chris) mais pas jusqu'à ce que ça arrive parce que je n'avais pas de télé. Comme je l'ai dit, il y a eu une petite incompréhension. Mais on a réglé ça et tout est rentré dans l'ordre", a dit Yates.

Ce fait de course a inévitablement rappelé le Tour de France 1985, durant lequel Greg LeMond, censé travailler pour Bernard Hinault dans l'équipe La Vie Claire, avait eu des difficultés à maîtriser ses instincts offensifs.

L'année suivante, Hinault, qui devait rendre la pareille à l'Américain, avait attaqué dans les Pyrénées avant de payer la note.

PAS LÀ POUR JOUER

Les sponsors n'accepteront sans doute pas qu'un tel scénario se reproduise à entendre Yates, d'autant, souligne-t-il, que le cyclisme a beaucoup changé en vingt-cinq ans.

"Notre objectif depuis le départ est de gagner le Tour. On doit être conservateur, on ne va pas jouer à la roulette russe", a-t-il dit.

"On n'est plus à l'époque débridée des années 1980. Aujourd'hui, tout est beaucoup plus calculé et ça s'explique par l'augmentation des budgets, des enjeux commerciaux et les exigences des sponsors. Ils ne sont pas là pour le plaisir.

"Le Team Sky va donc continuer à travailler pour le seul Wiggins, même si cette stratégie a peut-être bien coûté à Froome une victoire dans la Vuelta l'année dernière. Le Britannique avait fini deuxième après avoir perdu beaucoup d'énergie à aider son leader et compatriote, troisième au final.

"C'est logique que (Bradley) soit là, nous sommes dans une situation parfaite et on ne veut pas la mettre en péril. C'est comme ça", a souligné Dean Yates.

"Il a deux minutes d'avance sur 'Froomey'. Si vous regardez ce qu'il nous reste à faire dans le Tour et que vous êtes logique, vous privilégiez Bradley, non ?"

"On pourrait jouer la carte 'Froomey' et l'envoyer devant dans le Tourmalet comme Hinault en 1986 puis le voir exploser. On n'est pas là pour faire des paris."

Christopher Froome a pourtant montré qu'il semblait plus à son aise dans les étapes de montagne.

"Au final, les circonstances font que Bradley a une minute et demie d'avance, plus les trente secondes qu'il a gagnées dans le contre-la-montre", a observé Yates.

"Ce n'est pas forcément le meilleur qui gagne, le meilleur peut perdre cinq minutes comme (Alberto) Contador l'année dernière. Donc on peut dire qu'il était le meilleur mais qu'il n'a pas gagné."

Le Danois Bjarne Riis, qui avait remporté le Tour en 1996 devant son équipier Jan Ullrich, suggère à l'inverse au Team Sky de changer de leader.

"Ce sera intéressant dans la dernière semaine parce que, comme je l'ai déjà dit, je pense que Froome est le grand favori", a dit le manager de l'équipe Saxo Bank-Tinkoff Bank au site internet sporten.dk.

"L'année dernière, ils ont fait une erreur dans la Vuelta."

édité par Grégory Blachier

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