Tour de France: Sagan au plus haut, alerte pour Sky et Wiggins

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Tour de France: Sagan au plus haut, alerte pour Sky et Wiggins
Tour de France: Sagan au plus haut, alerte pour Sky et Wiggins

Répétition du titre.

par Gilles Le Roc'h

BOULOGNE-SUR-MER (Reuters) - Déjà vainqueur à Seraing, Peter Sagan a confirmé mardi son exceptionnel talent dans la troisième étape du Tour de France, dont les enseignements seront davantage à tirer chez les favoris et en premier lieu chez Bradley Wiggins, pour qui la journée n'aura pas été anodine.

Au départ d'Orchies, le soleil brillait mais le vent inquiétait tout le monde, le final disputé sur de petites routes pouvant provoquer des bordures. Il y avait aussi les neuf côtes du final pour relever un menu largement redouté.

Derrière les cinq échappés du jour, les Français Giovanni Bernaudeau et Sébastien Minard, l'Espagnol Ruben Perez, l'Ukrainien Andrey Grivko et le Danois Michael Morkov qui a conforté son maillot à pois, il y eut bien des dégâts, sans que le vent n'en soit responsable.

Deux chutes massives ont contrarié l'ordonnancement du Team Sky de Wiggins, qui ne vit pas un début de Tour serein.

Son rouleur biélorusse Kanstantin Sioutsou, touché à un genou, a été contraint à l'abandon avant qu'une deuxième chute ne retarde définitivement Richie Porte, Mark Cavendish et Christian Knees.

Enfin, dans la côte d'arrivée, Christopher Froome s'est fait une frayeur dans une chute provoquée par Oscar Freire.

Il est tombé contre la barrière et a obligé Bradley Wiggins à mettre pied à terre. Sans conséquence puisque l'incident est arrivé dans le dernier kilomètre, mais éprouvant pour les nerfs.

"Ca va, je n'ai rien", s'est contenté de dire l'Anglais qui sent bien que l'événement n'est pas maîtrisé par son équipe alors que Cadel Evans, lui, ne connaît aucun souci, rappelant d'ailleurs la fortune qui fut la sienne l'an dernier en première semaine.

Cette étape a également été fatale à l'Espagnol José Joaquin Rojas, deuxième du classement par points en 2011, clavicule brisée.

NERVOSITÉ

Elle a en outre été très éprouvante pour Thomas Voeckler.

Souffrant de nouveau du genou qui a contrarié sa préparation, le Français a passé la journée à l'arrière du peloton "en pédalant seulement de la jambe gauche" et confirme qu'une performance comparable à celle de l'an dernier - quatrième du général après dix jours en jaune - lui est impossible.

Le Tour avait été d'une tranquillité surprenante pendant la traversée de la Belgique. Il a renoué dans le Nord avec son habituelle nervosité, voire son électricité, et dans ce contexte, l'équipe du maillot jaune Fabian Cancellara, qui craignait beaucoup cette étape, a fait front.

"La chose la plus importante était de ne pas tomber et de conserver le maillot jaune", a dit le Suisse.

"Je ne sais pas ce qui s'est passé derrière moi. Nous avons roulé toute la journée et nous sommes restés dans les 40 km sur une route qui était celle des classiques, c'était tout le temps à gauche, à droite, monter, descendre. C'était très tendu !"

Son équipe n'a pas ménagé sa peine en faisant travailler longuement Christopher Horner, Maxime Monfort ou Jens Voigt, des coureurs qui semblaient être en mesure d'assister Fränk Schleck lorsque se présentera la montagne, dans quelques jours.

Mission accomplie pour Cancellara qui a fait rouler Horner dans les derniers kilomètres pour maîtriser le Français Sylvain Chavanel, passé à l'attaque à cinq km de l'arrivée pour lui chiper le maillot jaune.

Le Suisse peut désormais espérer conserver sa tunique, qu'il portera pour la vingt-cinquième fois de sa carrière dans la quatrième étape, jusqu'à la Planche des Belles Filles samedi.

Les favoris du Tour de France pourront eux aussi dire qu'ils ont atteint leur objectif s'ils arrivent intacts au pied de la première montagne. Mais pour eux, les quatre prochaines journées seront très stressantes.

Edité par Grégory Blachier

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