Tour de France: Rui Costa, bien mieux qu'un lieutenant

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RUI COSTA COMMENCE À SE BÂTIR UN PALMARÈS
RUI COSTA COMMENCE À SE BÂTIR UN PALMARÈS

GAP, Hautes-Alpes (Reuters) - Rien ne pourra sans doute lui permettre d'égaler dans le coeur des Portugais le phénoménal et grand coureur des années 1970 Joaquim Agostinho mais Rui Costa, sans avoir son renom, est sans doute le meilleur coureur cycliste produit par ce pays depuis.

A 26 ans, et bien que devant souvent travailler pour ses leaders Alejandro Valverde et Oscar Pereiro, le coureur de Varzim commence à se bâtir un joli palmarès.

Parmi les plus belles lignes y figurent deux victoires d'étapes dans le Tour de France, dont une ce mardi à Gap, deux succès consécutifs dans le Tour de Suisse (2012, 2013), le Grand Prix de Montreal (2011) et les Quatre Jours de Dunkerque (2009).

Coureur complet, il aspirerait dans bon nombre d'équipes du peloton à un statut de leader. Chez Movistar, il n'est pourtant qu'un lieutenant et semble s'en contenter.

Cette condition l'a contraint vendredi dernier dans la traversée ventée du Berry à oublier toute son ambition pour venir en aide à Valverde, victime d'un bris de roue en pleine bagarre.

Son leader a sombré, lui avec, et puisqu'il n'était plus question de classement général, le Portugais s'est concentré sur une victoire d'étape.

"Aujourd'hui, c'est parti très vite, la bagarre a été intense pour fabriquer l'échappée. Ensuite, il y a eu du vent de côté toute la course, l'allure n'était pas très rapide", a-t-il raconté à l'issue de sa victoire.

"Le groupe était conséquent et je craignais surtout Nicolas Roche qui n'a pas pris de relais. Toute la journée je me suis concentré sur la dernière ascension. Je savais ce que je devais faire. J'ai tout donné, chaque seconde a été importante. J'avais 40 secondes d'avance au sommet et ça m'a permis de bien gérer la descente", a-t-il poursuivi.

"Gagner une fois dans le Tour est compliqué, très difficile parce que le niveau est très élevé. En 2012 je n'avais pas réussi", a souligné le Portugais.

"Ici à Gap, c'est donc ma deuxième victoire d'étape dans le Tour après celle acquise à Super-Besse en 2011. C'est très particulier et ça fera partie de mes journées inoubliables", a-t-il ajouté.

"C'est compliqué d'expliquer ce que j'ai ressenti dans le final. Sous la flamme rouge, je voyais la ligne d'arrivée, je savais que c'était pour moi et j'ai pris le temps de savourer. Il se passe beaucoup de choses dans la tête pendant ce temps-là, c'est un peu confus. Mais le bonheur est immense."

Mission accomplie, donc, pour celui qui dorénavant se mettra au service de Nairo Quintana, cinquième du classement général avant le contre-la-montre de mercredi, meilleur jeune et dont Rui Costa pense qu'il peut rêver de mieux.

"Nairo est vraiment en grande forme mais on ne peut pas trop exiger de lui. C'est son premier tour, il doit encore beaucoup apprendre mais avec la force et la confiance qui l'animent, on va l'aider pour atteindre le podium."

Edité par Olivier Guillemain

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