Tour de France: RadioShack en panne de leader

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Tour de France: RadioShack en panne de leader
Tour de France: RadioShack en panne de leader

par Gregory Blachier

LA PLANCHE DES BELLES FILLES, Haute-Saône, 7 juillet (Reuters) - L 'équipe RadioShack a logiquement cédé le maillot jaune samedi mais elle a aussi fait une croix sans doute définitive sur ses ambitions de victoire, tant ses leaders ont paru souffrir dans la première difficulté du Tour de France.

Comme attendu, Fabian Cancellara a laissé à un autre - en l'occurrence Bradley Wiggins, le favori de la Grande Boucle - le maillot qu'il avait très bien défendu pendant une semaine.

Mais l'ascension vers La Planche des Belles Filles devait aussi donner un aperçu de l'état des forces de cette équipe qui vit un Tour paradoxal et compliqué.

Le Luxembourgeois Fränk Schleck, leader en l'absence de son cadet Andy, avait perdu plus de deux minutes vendredi en raison de la chute collective qui avait ébranlé le peloton.

Samedi, sur un terrain qui lui est en principe familier, il a encore concédé une minute et sept secondes aux deux favoris - Wiggins et le vainqueur 2011 Cadel Evans - et se retrouve renvoyé à 3'43 du Britannique au classement général.

Deuxième homme fort appelé à pallier une éventuelle défaillance de Schleck, Andreas Klöden a vraisemblablement apporté la preuve que ses meilleures années sont derrière lui. Il a fini à 2'17 du duo Wiggins-Evans samedi et pointe à 2'29 au général.

Si son retard semble moins problématique car l'Allemand est à son aise dans les contre-la-montre, où Schleck va encore perdre beaucoup puisqu'il reste 95 km de chronos dans ce Tour, il ne paraît pas en mesure de se mêler à la bataille.

Tous deux semblent payer la stratégie de leur équipe, qui a fait rouler ses hommes pour aider Cancellara à conserver le maillot jaune gagné dans le prologue, il y a une semaine.

MONFORT AIMERAIT ÊTRE LIBRE

Samedi, dans l'ascension, Schleck a semblé retrouver un peu de jambes mais il n'a reçu qu'un maigre renfort dans la montée, celui de Tony Gallopin, certes valeureux et polyvalent, mais davantage rouleur que grimpeur.

Deux hommes de l'ombre auraient pu prêter main forte au Luxembourgeois mais ont finalement joué leur carte.

L'Espagnol Haimar Zubeldia et le Belge Maxime Monfort ont ainsi fini sixième et dixième de l'étape respectivement et se retrouvent dans le Top 10 au général, là où l'on attendait d'autres noms que les leurs.

Satisfait par sa performance personnelle - "c'est sûr, j'aurais signé des deux mains avant le départ", a-t-il dit à la presse - Monfort tentait de relativiser la faillite de ses leaders.

"Je trouve qu'on en fait trop sur cette étape par rapport à ce qu'il y a après", a-t-il dit.

"C'est sûr, c'est un premier test et il y a une petite hiérarchie qui s'installe, mais par rapport à ce qu'il reste, c'est dérisoire. Il faut attendre."

Ses propos, au vu des difficultés éprouvées par Schleck, Klöden et, plus naturellement, Cancellara, n'incitent pas à l'optimisme pour sa formation.

Le jeune Belge a rappelé que le cyclisme était un sport d'équipe et que RadioShack ferait le point mardi, lors de la journée de repos, mais il a aussi laissé entendre que la hiérarchie pourrait être bousculée.

"Je pourrais demander d'être libre, oui, qu'on me laisse tranquille, qu'on ne me demande pas de faire trop de travail", a-t-il dit.

"Après le problème, c'est que je suis toujours un peu gêné parce que je sais que je ne suis pas capable de faire podium. Donc, c'est ce que j'ai dit au départ : est-ce qu'une équipe comme RadioShack peut se contenter d'un Top 10, est-ce que c'est assez pour eux ? je n'en suis pas sûr."

Après la septième étape, toutefois, rien n'indique que quiconque chez RadioShack ait les moyens de faire bien mieux qu'une place dans les dix premiers.

Edité par Hélène Duvigneau

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