Tour de France: Pierrick Fédrigo signe son retour

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PIERRICK FEDRIGO REMPORTE LA 15E ÉTAPE DU TOUR DE FRANCE
PIERRICK FEDRIGO REMPORTE LA 15E ÉTAPE DU TOUR DE FRANCE

par Gilles Le Roc'h

PAU, Pyrénées-Atlantiques (Reuters) - Pierrick Fédrigo mérite encore un peu plus son surnom de "sniper" après avoir réussi à ajuster cinq redoutables clients lundi dans la quinzième étape et à l'emporter pour la quatrième fois dans le Tour de France.

Le coureur de Marmande avait été engagé il y a deux saisons par l'équipe FDJ-Big Mat pour sa capacité à gagner quand il est échappé. Il l'a encore justifié à Pau, une ville où il s'était déjà imposé dans le Tour en 2010.

Les six échappés avaient fourni de gros efforts pour sortir du peloton et le Français a vite compris que cette journée pourrait être la sienne.

Il avait de bonnes jambes, un bon feeling, alors que le matin, il parlait d'une fin de Tour est difficile.

"Il y de la fatigue et ça va se faire au courage, à la tête", disait Fédrigo avant le départ de Samatan.

"Il va falloir sentir le bon coup qui va partir. Tout le monde a mal aux jambes et dans ces conditions ça se fait au mental."

Son équipe, très motivée, n'a pas manqué une seule échappée au cours d'une première heure très rapide et fatale aux plus faibles, dont Sylvain Chavanel, victime d'une bronchite et contraint de quitter la Grande Boucle.

L'échappée s'est dessinée à 100 kilomètres de Pau, "à la pédale" comme on dit dans le peloton, c'est-à-dire en force, avec cinq hommes dont la présence n'était pas due au hasard.

WIGGINS SE MÉFIE ENCORE

Le rapide Samuel Dumoulin savait qu'il jouait sans doute sa dernière chance de victoire, Thomas Voeckler et Pierrick Fédrigo sont de vieux routiers du Tour sur qui les jours de course ne pèsent pas, et le Belge Dries Devenyns envisageait de redonner un peu de sourire à son équipe OmegaPharma-QuickStep.

Ils ont été rejoints par Nicki Sörensen, aidé par son directeur sportif Bjarne Riis qui a envoyé un message à l'échappée alors qu'elle maintenait 30 secondes d'avance sur le Danois.

Riis a demandé à ses coureurs présents dans la peloton d'entamer la poursuite. Aussitôt, les hommes de tête se sont relevés, laissant rentrer Sörensen pour préserver leur échappée.

Les équipes d'Andre Greipel et Mark Cavendish ont un temps eu envie de faire l'effort pour emmener leurs sprinteurs sur la ligne, mais les jambes, visiblement, ne répondaient pas.

Dans le final, Sörensen a attaqué deux fois sans parvenir à ses fins. A cinq kilomètres, profitant d'un temps mort, Fédrigo est sorti, rejoint par le seul Christian Vande Velde.

Cette association d'un puncheur et d'un spécialiste du contre-la-montre est immédiatement apparue gagnante.

"Parfois, dans des arrivées comme celles-là, j'ai attendu, j'ai regardé. Mais là, j'ai bien manoeuvré", a dit Fédrigo.

"Je ne sais pas pourquoi j'ai attaqué à cinq kilomètres de l'arrivée mais en voyant Vande Velde revenir, j'ai compris que c'était bon. Je savais qu'il arrêterait de relayer sous la flamme rouge mais j'étais confiant. J'ai emmené vite pour ne pas lancer le sprint arrêté et j'ai gagné. Je suis très heureux."

Le peloton a bouclé l'étape près de douze minutes après lui avec un sentiment de soulagement évident. La journée de repos de mardi, avant d'attaquer les sommets pyrénéens, va faire du bien.

"Nous en avons bien besoin avant trois journées importantes et notamment dans les Pyrénées", a dit le maillot jaune Bradley Wiggins.

"Beaucoup de coureurs sont fatigués, nerveusement plus que physiquement. C'était une étape difficile parce qu'il faisait chaud, sur un parcours vallonné."

"C'était la dernière chance pour beaucoup de coureurs. Je suis en très bonne position même si je dois me méfier encore. De (Vincenzo) Nibali surtout, puisque (Christopher) Froome est mon équipier."

Edité par Grégory Blachier

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