Tour de France: Pierrick Fédrigo a vécu une journée "incroyable"

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LA JOURNÉE "INCROYABLE" DE PIERRICK FÉDRIGO
LA JOURNÉE "INCROYABLE" DE PIERRICK FÉDRIGO

par Gilles Le Roc'h

PAU, Pyrénées-Atlantiques (Reuters) - Pierrick Fédrigo est, habituellement, un homme qui intériorise tout. Mais le coureur de 33 ans n'a pas caché lundi son immense bonheur de l'emporter de nouveau dans le Tour de France après une longue période de doute.

L'ancien champion de France avait rejoint son équipe FDJ-Big Mat à la plénitude de sa carrière, il y a deux ans, fort de ses trois victoires d'étape dans le Tour, à Gap (2006), Tarbes (2009) et Pau (2010).

Il était alors précédé d'une réputation de coureur sachant gagner les courses dès que l'occasion se présente, avec un surnom, "le Sniper", qui a pris toute sa valeur dans cette quinzième étape entre Samatan et Pau.

"Toutes mes victoires d'étape dans le Tour ont un symbole", a-t-il dit après l'arrivée.

"En 2006, c'était ma première et également la première pour mon ancienne équipe, Bouygues Télécom. En 2009, c'était à Tarbes, tout près de chez moi. En 2010, à Pau, c'était celle de tous les cols mythiques du Tour, Peyresourde, Aspin, Tourmalet et Aubisque, là où j'allais voir passer le Tour avec mes parents."

"Celle-ci, à Pau de nouveau, c'est celle de mon retour après une année difficile."

Dans une carrière, il est très rare qu'un coureur ne connaisse pas un passage à vide. Pour lui, ce fut l'année 2011.

Pendant des mois, il s'est dit fatigué, incapable de récupérer. Puis au mois de juin, la cause est enfin identifiée: la maladie de Lyme, autrement appelée la maladie du chasseur, un virus transmis par les tiques.

Son patron Marc Madiot lui a alors témoigné sa confiance. "J'ai été coureur, je sais par quoi il passe, disait-il il y a un an. C'est un coureur important de mon équipe mais il ne fera pas le Tour. Il doit se soigner."

"UN JUSTE RETOUR DES CHOSES"

Fédrigo est revenu en fin de saison pour décrocher la deuxième place du Grand Prix de Montréal mais il a traîné ses doutes jusqu'en mars dernier et sa résurrection, quand il s'est imposé dans la troisième étape du Critérium International, au sommet du Col de l'Ospédale.

Il a confirmé ce retour gagnant lundi à Pau, où il s'est défait de tous ses compagnons d'échappée avec finesse et assurance.

"La dernière fois, j'avais gagné ici. Pour décrocher une victoire dans Tour, il faut une bonne étoile", a-t-il souligné.

"Il y a des jours où on sent qu'il va se passer quelque chose. Plus je m'approchais de l'arrivée, et plus j'y croyais... Mais c'est incroyable."

Pour son équipe, avec deux victoires d'étapes et un coureur, Thibaut Pinot, capable d'intégrer le Top 10 pour son premier Tour et de viser le maillot blanc du meilleur jeune, ce cru est le meilleur depuis 2003 (victoires de Bradley McGee dans le prologue et de Baden Cooke à Sedan).

"L'équipe tourne vraiment bien", s'est félicité Thierry Bricaud, directeur sportif. "Nous avons été dans toutes les échappées et finalement c'est Pierrick qui réussit à gagner. Il a beaucoup douté de pouvoir revivre ça un jour mais dans le même temps, il a beaucoup apporté aux jeunes. C'est un juste retour des choses."

Edité par Gregory Blachier

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