Tour de France: Pierre Rolland gagne, Cadel Evans s'effondre

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LE FRANÇAIS PIERRE ROLLAND GAGNE LA 11E ÉTAPE DU TOUR DE FRANCE À LA TOUSSUIRE
LE FRANÇAIS PIERRE ROLLAND GAGNE LA 11E ÉTAPE DU TOUR DE FRANCE À LA TOUSSUIRE

par Gilles Le Roc'h

LA TOUSSUIRE, Savoie (Reuters) - Comme son équipier Thomas Voeckler la veille, Pierre Rolland a mené jeudi un raid victorieux dans l'étape reine du Tour de France, dans les Alpes, pour s'imposer en solitaire à La Toussuire.

Après cette étape qui proposait quatre cols, le grand bénéficiaire de la journée est le maillot jaune Bradley Wiggins qui a eu à donner de sa personne pendant un kilomètre pour maîtriser des rivaux directs passés à l'attaque dans la dernière ascension.

Le Britannique a été mis en difficulté un peu plus loin par son premier lieutenant, Christopher Froome, sèchement rappelé à l'ordre, mais il semble débarrassé de son grand rival Cadel Evans, distancé et désormais quatrième du classement général à trois minutes et 19 secondes.

L'Australien méditera sans doute longtemps sur le scénario d'une course qu'il a voulu enflammer à 70 kilomètres de l'arrivée dans une attaque préméditée mais dont il n'a jamais paru se remettre. Courir contre nature n'est pas forcément payant.

Cette étape débutant par l'escalade du col hors catégorie de La Madeleine a permis à 30 coureurs de s'échapper sans que le Team Sky ne panique.

Pierre Rolland, vainqueur de l'étape de l'Alpe d'Huez et meilleur jeune du Tour 2011, figurait dans ce groupe qui s'est évidemment disloqué au fil des cols, puis il s'est envolé dans le col du Mollard avec le Croate Robert Kiserlovski (Astana) et du Biélorusse Vasili Kiryienka (Movistar).

Victime d'une chute sans gravité sur le versant opposé, le coureur d'Europcar n'a pas perdu ses esprits.

Il a repris ses compagnons d'échappée puis est parti en quête de gloire à dix kilomètres de l'arrivée, tandis que les favoris, dans la roue d'un éblouissant Thibaut Pinot, se faisaient pressants.

"Cela fait six mois que j'en rêve de cette étape!", s'est exclamé Rolland.

"Je suis allé au bout du bout, en repensant à tous les sacrifices consentis. Dans le final, je n'avais plus de jambes, j'avais seulement ma tête mais je n'ai pas lâché!"

EVANS LÂCHE PRISE

La victoire de Pierre Rolland, qui remonte à la neuvième place du classement général, est la troisième d'un coureur français depuis dimanche, ce qui montre combien ils sont décomplexés.

Mais le fait majeur de cette étape est évidemment ailleurs, dans la défaillance de Cadel Evans, passé en deux heures par tous les sentiments.

L'espoir d'abord quand, enfin pris d'un grain de folie, il est sorti comme une balle du peloton pour reprendre son équipier Tejay Van Garderen sorti en éclaireur et Amaël Moinard, passé à l'attaque le matin, dans un mouvement collectif surprenant, loin de l'arrivée.

La souffrance, ensuite, parce qu'Evans n'a jamais semblé se remettre de son effort, se faisant décrocher par Van Garderen à trois reprises. Dans le même temps, Michael Rogers se chargeait de faire le travail pour Bradley Wiggins et l'aventure d'Evans dans le col du Glandon ne dura que sept kilomètres.

La fin de l'histoire s'est écrite à cinq kilomètres de l'arrivée. Atteignant son point de rupture, l'Australien a été lâché, entraînant avec lui l'infortuné Van Garderen dont le maillot blanc du meilleur jeune est désormais à portée de fusil de Thibaut Pinot.

A l'arrivée, Evans a fini à 1'26" du maillot jaune. Il s'est engouffré dans l'hôtel de son équipe sans dire un mot.

Des mots, Christopher Froome risque d'en entendre de durs après être passé à l'attaque à trois kilomètres de l'arrivée avec le seul Pinot dans son sillage.

Son offensive a mis en difficulté Wiggins, esseulé derrière Vincenzo Nibali et Jurgen Van den Broeck. Son directeur sportif Sean Yates lui a immédiatement intimé l'ordre de se relever.

"J'ai accéléré et on m'a dit à la radio qu'il fallait que je ralentisse. Je suis à la lettre les consignes de l'équipe", a dit le Britannique.

"On est pareil en montagne Brad et moi, mais il est plus fort que moi en contre-la-montre et il en reste un de 53 kilomètres."

Pour Wiggins, le danger pourrait bien venir de Froome, si les consignes du Team Sky ne passent pas dans l'oreillette la prochaine fois.

Le maillot jaune le sait bien, pour avoir terminé derrière son équipier au Tour d'Espagne, l'année dernière.

Edité par Grégory Blachier

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