Tour de France: Matteo Trentin boucle la transition

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L'ITALIEN MATTEO TRENTIN DOMINE LA 14E ÉTAPE DU TOUR
L'ITALIEN MATTEO TRENTIN DOMINE LA 14E ÉTAPE DU TOUR

par Gilles Le Roc'h

LYON (Reuters) - L'Italien Matteo Trentin a remporté à 23 ans sa première victoire de professionnel et a porté à quatre étapes le butin de l'équipe Omega dans le Tour de France, samedi, au terme d'une échappée au long cours entre Saint-Pourçain-sur-Sioule et Lyon.

Au lendemain de la belle opération d'Alberto Contador (Saxo Bank) dans le vent du Berry, il était évident que des coureurs allaient avoir mal aux jambes dans cette 14e étape jalonnée de sept ascensions.

Il était aussi évident que la bagarre finirait par faire rage car toutes les équipes souhaitaient figurer dans la bonne échappée qui, cette fois, avait de bonnes chances d'aller à son terme.

La course a donc mis du temps à se décanter même si un groupe de 18 coureurs s'est constitué rapidement en trois vagues.

Les premiers échappés, Jens Voigt (RadioShack), Lars Bak (Lotto-Belisol) et Blel Kadri (Ag2R-La Mondiale), ont été rejoints par le champion de France Arthur Vichot (FDJ.fr).

Sont venus ensuite 14 autres coureurs dont beaucoup de pointures comme le Suisse Michael Albasini (Orica-Greenedge), les Américains Andrew Talansky (Garmin-Sharp) et Tejay Van Garderen (BMC), les Allemands Marcus Burghardt (BMC) et Simon Geschke (Argos-Shimano), l'Espagnol Juan Joaquim Rojas (Movistar) et les Français Cyril Gautier (Europcar) et Julien Simon (Sojasun).

Il a fallu attendre le km 88 pour que le peloton lâche du lest et pour avoir la certitude qu'un vainqueur d'étape sortirait enfin d'une échappée pour la première fois depuis le départ de Corse.

"GAGNER, JE NE SAVAIS PAS"

Tout s'est joué à Lyon, noir de monde, quand le Breton Julien Simon (Sojasun) dont la pointe de vitesse est reconnue, a surpris tout le monde en attaquant dans la côte de La Duchère.

Il avait une vingtaine de secondes d'avance au sommet de la côte de la Croix-Rousse, dernière difficulté du jour, mais quand il a fallu longer le Rhône, vent de face, sans se désunir, le leader de l'équipe Sojasun a senti les autres revenir.

Certains ont tenté leur chance de loin, à l'image de Van Garderen ou Burghardt. Leur action était suicidaire mais elle a eu le mérite de favoriser un regroupement avant la flamme rouge.

"Dans une échappée avec tellement de coureurs, c'est impossible de contrôler tout le monde. J'avais toujours derrière moi Rojas et Vichot et moi je surveillais d'autres coureurs", a déclaré Trentin.

"Quand on voit la ligne d'arrivée, on ne tient compte que de la force qu'il nous reste pour combattre. Je savais que j'avais une bonne carte à jouer."

En fait, Trentin, professionnel depuis deux ans, a parfaitement joué le coup en se faisant oublier et en se servant des leçons de Mark Cavendish qui lui a enseigné, notamment, de produire son effort au bon moment.

"Avec le vent, c'était impossible de faire un sprint long, je me disais que celui qui le ferait n'avait aucune chance de gagner. Je savais devoir attendre le panneau des 200 mètres pour y aller", a-t-il raconté.

"Gagner, je ne savais pas faire, c'est la première victoire de ma carrière."

C'est aussi la première victoire d'un Italien depuis Alessandro Petacchi à Reims en 2010.

Cette étape placée avant le Ventoux n'a pas incité les favoris du Tour à se livrer mais au bout du compte, en fin de deuxième semaine, tous les efforts comptent.

"Le début jusqu'à ce que l'échappée prenne le large a été dur", a reconnu le Britannique Christopher Froome (Sky) qui grimpera le Ventoux avec le maillot jaune sur les épaules. "Après, dans le final, ça allait. Mon équipe s'est bien occupée de moi."

Edité par Jean-Paul Couret

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