Tour de France: Martin gagne la 9e étape, Froome reste en jaune

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DANIEL MARTIN REMPORTE LA NEUVIÈME ÉTAPE DU TOUR DE FRANCE
DANIEL MARTIN REMPORTE LA NEUVIÈME ÉTAPE DU TOUR DE FRANCE

par Gilles Le Roc'h

BAGNERES-DE-BIGORRE, Hautes-Pyrénées (Reuters) - Christopher Froome vivra la première journée de repos du Tour de France avec le maillot jaune sur son oreiller mais il n'aura pas la conscience tranquille tant son équipe a vacillé dans l'étape reine des Pyrénées gagnée par l'Irlandais Dan Martin devant le Danois Jakob Fuglsang.

La démonstration du Team Sky samedi en Ariège était soumise à toutes les interprétations, à toutes les spéculations, signe que le cyclisme reste marqué par ses années d'une longue maladie et s'il est en convalescence ou en rémission, on ne cesse de le scruter, de guetter un symptôme du retour du mal, comme si la récidive était absolument programmée.

Le Team Sky, comparé par quelques observateurs à l'US Postal de Lance Armstrong, a donné contre son gré une réponse très inattendue.

Harcelée dès le baisser du drapeau par l'équipe Garmin-Sharp, désireuse de gagner l'étape, la formation anglaise a vacillé dans la première ascension, le Portet d'Aspet, Christopher Froome conservant le seul Richie Porte à ses côtés.

Ce dernier, alors encore deuxième au classement général, a disparu comme tous ses équipiers dans la difficulté suivante, le col de Menté pour ne plus jamais revenir sur la tête de course.

L'Australien, rêvant d'une deuxième place à Paris dans le sillage de son leader, s'est battu avec énormément de courage jusqu'au col de Val Louron où, seul, il est revenu à 1'30" du peloton mais il a ensuite craqué pour atteindre l'arrivée avec 18 minutes de retard.

Au sommet du col de Mente, Froome, isolé, accompagné de six coureurs de l'équipe Movistar, quatre autres de la Saxo Bank-Tinkoff, ne devait sans doute pas donner cher de sa peau et tout le monde imaginait qu'il allait subir des tirs en rafale, qu'il finirait par sombrer sous les coups de Valverde mais finalement, depuis le col de Peyresourde jusqu'à trois kilomètres du sommet de la dernière ascension, il ne s'est rien passé.

DES ADVERSAIRES TROP TIMIDES

Pourquoi donc ses adversaires n'ont-ils pas cherché à tirer profit d'une situation qu'ils ne connaîtront peut-être plus jamais? Alberto Contador a affirmé s'être senti bien mieux que la veille mais jugeait le final peu propice à une attaque.

Cadel Evans, dans le rouge en début de journée, était simplement content d'être là alors que son équipier Tejay Van Garderen sombrait définitivement.

José Joquim Rodriguez, muet comme une carpe, ne doit pas se sentir bien pour être à ce point anonyme. La question concerne donc la formation Movistar qui a roulé en tête de peloton comme si elle détenait le maillot jaune et s'est contentée de décrocher quatre petites flèches avec Quintana, dans le dernier col, à chaque fois maîtrisé par Froome.

En quelque sorte, Movistar a couru pour passer de la troisième place à la deuxième du classement général, pour le plus grand bonheur de Chris Froome qui est, finalement, compte tenu des circonstances, le grand bénéficiaire de l'étape reine des Pyrénées.

"J'ai vécu aujourd'hui la plus dure journée sur un vélo en compétition", a-t-il dit avant de s'envoler vers Saint-Nazaire.

"Je me suis retrouvé dans une position très délicate, me retrouvant très tôt tout seul. Je suis d'autant plus heureux d'avoir passé cette journée, d'être toujours en jaune sans avoir perdu de temps par rapport à mes rivaux."

Le leader du Team Sky devrait leur en reprendre - du temps - mercredi dans l'étape qui sera disputée contre la montre entre Avranches et le Mont Saint-Michel, son prochain grand objectif.

Chrystel Boulet-Euchin

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