Tour de France: Mark Cavendish peut se concentrer sur Paris

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MARK CAVENDISH PEUT SE CONCENTRER SUR PARIS
MARK CAVENDISH PEUT SE CONCENTRER SUR PARIS

par Gilles Le Roc'h

SAINT-AMAND-MONTROND, Cher (Reuters) - L'effusion de joie fut bruyante derrière la ligne d'arrivée mais avec la victoire de Mark Cavendish, en conclusion d'une journée extraordinaire, le bonheur de l'équipe Omega Pharma-Quick Step était bien compréhensible vendredi.

Depuis sa victoire d'étape à Marseille, Mark Cavendish s'était cassé les dents sur les sprinteurs allemands, tout d'abord Andre Greipel à Montpellier puis Marcel Kittel à Saint-Malo et Tours.

Et ses propos tenus jeudi soir sonnaient comme un aveu de faiblesse : "Kittel est le sprinteur qui monte, c'est lui qui va régner sur la discipline."

Avec Cavendish, il est souvent compliqué de faire la part du vrai et du marketing. Sans doute devait-il s'appliquer à soigner son image après avoir souffert devant le public normand qui lui reprochait d'avoir fait tomber Tom Veelers à Saint-Malo.

Mais le coureur de l'île de Man ne pouvait en rester là.

"Jeudi mes équipiers avaient été brillants et aujourd'hui ils méritaient que je gagne. Hier ils avaient tout donné mais je n'avais pas réussi à vaincre. Aujourd'hui on avait cette rage de vaincre et ils ont donné plus encore, beaucoup plus tôt dans la course, sans tenir compte de la dépense d'énergie nécessaire. Je n'ai pas réussi à gagner au sprint et on avait très envie de profiter du vent pour finir dans un petit groupe !", a-t-il raconté.

"JE SUIS PAYÉ POUR GAGNER"

L'offensive a commencé loin de l'arrivée, à 120 kilomètres précisément, avec d'entrée de jeu une information capitale : Marcel Kittel était piégé. Dès lors, les équipiers de Cavendish ne se sont plus relevés et ont reçu, au gré des circonstances de course, le soutien des formations Belkin et Saxo Bank-Tinkoff.

"Beaucoup d'équipes avaient des intérêts et quand celle de Contador a accéléré à 30 kilomètres de l'arrivée, j'ai été le dernier à rentrer dans le premier groupe de 14 coureurs. J'ai fait mon travail. Je suis payé pour gagner."

Cette fois, pas besoin de photo-finish, Cavendish a aisément dominé Peter Sagan qui a manqué son sprint. Après Marseille, l'Anglais a donc gagné à Saint-Amand-Montrond et engrangé là sa 25e victoire d'étape dans le Tour.

"Le but de ma carrière est de gagner dans le Tour et c'est un grand stress. Les événements y sont toujours marquants. Chaque victoire a un goût particulier et je pourrais vous raconter chacune de mes 25 victoires, vous parler du rôle de tous les équipiers qui m'ont soutenu depuis des années. Je n'oublie rien dans le Tour", a-t-il souligné.

"Le Tour de France est spécial parce que chaque étape est importante. C'est le plus grand événement cycliste de l'année mais c'est simplement un rendez-vous majeur dans le sport, toutes disciplines confondues. Dans le Tour, quand ça ne marche pas, ce n'est pas difficile de se remotiver. Ma carrière est basée sur ma relation avec le Tour. Dès le mois d'octobre, quand je commence à m'entraîner, je ne pense qu'à ça."

Puisque la quatorzième étape samedi semble promise aux baroudeurs et puisque la montagne sera omniprésente en troisième semaine, Cavendish va pouvoir désormais se concentrer sur Paris et s'attendre aussi à beaucoup souffrir, avant de l'apercevoir.

Edité par Olivier Guillemain

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