Tour de France: Marc Cavendish reste le plus fort

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MARK CAVENDISH, ROI DU SPRINT
MARK CAVENDISH, ROI DU SPRINT

par Gilles Le Roc'h

MARSEILLE (Reuters) - Les années passent mais, par la magie de ses jambes et de son envie, Mark Cavendish reste le meilleur sprinteur du monde, comme il l'a encore montré, mercredi à Marseille, dans la cinquième étape du Tour de France.

Après une difficile traversée de la Corse, le Britannique a donné la réponse à toutes les questions qu'il suscitait depuis le début de la semaine.

Depuis ses débuts dans le Tour de France en 2007, Cavendish a souvent dû patienter quelques étapes avant de lever les bras et, par un curieux hasard, il a souvent initié ses séries de victoires en s'imposant dans la cinquième étape. C'était le cas en 2008, 2010 et 2011, et encore cette année.

Il était arrivé à Porto-Vecchio affaibli par une bronchite qu'il a d'abord refusé de soigner correctement en prenant des antibiotiques. Le médecin de son équipe a dû être convaincant pour qu'il admette qu'il devait soigner ses poumons pour préserver ses jambes.

Il n'était pas totalement dans son assiette depuis samedi, la topographie des deuxième et troisième étapes desservant son ambition. Il aurait pu reprendre le moral en s'imposant dans le contre-la-montre par équipes mais à quelques centièmes de seconde près, il lui a fallu patienter un jour de plus.

"Lundi, le résultat était décevant mais pas le chrono qui a été bon, considérant que Tony Martin ne pouvait pas donner 100% de lui-même. C'est vrai que ce résultat a accru notre motivation ce matin", a-t-il dit après son 24e succès sur le Tour.

"CE N'ÉTAIT PAS UN SPRINT"

En voyant ses équipiers travailler dans le final -Jérôme Pineau et Michal Kwiatkowski dans l'ascension de La Gineste, Sylvain Chavanel dans la descente, Tony Martin sur les boulevards marseillais, et enfin Matteo Trentin et Gert Steegmans dans le dernier kilomètre, sans qu'il ait à produire le moindre effort, Mark Cavendish a eu la confirmation qu'il avait bien fait de quitter le Team Sky.

L'année dernière, au sein de l'équipe du futur vainqueur Bradley Wiggins, il avait souvent dû se débrouiller seul.

"Pour être honnête, ce matin, je ne me sentais pas au top, peut-être aussi la conséquence de mes efforts dans le contre-la-montre par équipes", a-t-il dit.

"Quand est arrivé La Gineste, dans le final, je me suis souvenu que je la connaissais, j'y étais passé dans ma première course professionnelle, le Grand Prix La Marseillaise. Je me suis souvenu que Jérémy Hunt avait gagné ce jour-là. Je pouvais donc le faire. La confiance de mes équipiers m'a donné de la force et encouragé à résister."

Dans le sprint, Trentin a viré en tête dans le dernier virage, laissant ensuite Gert Steegmans développer sa puissance. Quand le Belge s'est écarté, il restait 150 mètres.

"Franchement, ce n'était pas un sprint. Je n'ai rien eu à faire d'autre que de rester derrière mes équipiers. Gert Steegmans, qui n'était pas commode avec moi quand on était adversaires, est simplement impressionnant. S'il avait continué son effort plutôt que de m'ouvrir la route, il aurait sans doute gagné", a confirmé le sprinteur de l'île de Man.

C'est pourtant lui, Mark Cavendish qui a levé les bras, pour la 24e fois, sous les yeux d'André Darrigade, le sprinteur qui avait gagné le plus d'étapes avant lui (23) et qu'il avait pris grand plaisir à rencontrer longuement, lundi à Nice.

"André Darrigade est un vrai gentleman", a-t-il salué.

"Nous avons 60 ans d'écart mais il y a beaucoup de similitudes entre lui et moi, la même façon de penser, la même sensibilité dans le sprint. Maintenant, le Tour c'est le Tour, une course à part pour laquelle j'ai du respect."

"Pour tout coureur, une victoire d'étape dans le Tour fait la carrière est réussie. J'espère en gagner beaucoup d'ici la fin de ma carrière."

Edité par Gregory Blachier

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