Tour de France: Luis-Leon Sanchez en chasseur d'étapes

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Fierté et soulagement pour Luis-Leon Sanchez
Fierté et soulagement pour Luis-Leon Sanchez

par Gilles Le Roc'h

FOIX, Ariège (Reuters) - Ce poing rageur, tendu vers son directeur sportif qui le suivait dans le dernier kilomètre, en dit long sur les sentiments qui animaient Luis-Leon Sanchez au moment de gagner dimanche sa quatrième étape dans le Tour de France. Fierté et soulagement.

Déjà vainqueur à trois reprises sur la Grande Boucle en 2008, 2009 et 2011, l'Espagnol est un habitué des chevauchées qu'il mène souvent avec le Français Sandy Casar.

Celle de dimanche relevait de la mission de sauvetage de son équipe et de lui-même.

L'homme originaire de Murcie a vécu un début d'épreuve catastrophique. Sa chute dans la première étape, dont il s'est relevé la main très endolorie, a failli lui gâcher son Tour.

Pendant toute la première semaine, il est resté en queue de peloton avec son compagnon d'infortune Tony Martin (fracture du scaphoïde) qui, lui, a fini par abandonner.

Au fil des jours, la souffrance a diminué pour Sanchez. Mais dans un effet de balancier surprenant, son équipe perdait des forces jusqu'à se retrouver avec seulement quatre coureurs sur neuf.

La presse néerlandaise tient le manager de Rabobank, Harold Knebel, pour responsable de la faillite, en même temps qu'elle ironise sur Vacansoleil-DCM, quasi invisible, ou sur la plus modeste Argos-Shimano, qui passe à travers.

"J'ENVIE SAGAN"

C'est dans ces conditions difficiles que Sanchez a gagné une étape qui vaut donc très cher pour Rabobank.

"C'est ma troisième échappée dans le Tour mais je doutais un peu de ma réussite", a-t-il dit après l'arrivée.

"Ce matin, je me suis dit qu'il fallait attaquer, pour gagner, dans une étape qui me convenait bien. Le maillot vert Peter Sagan étant dans notre groupe aujourd'hui, de même que Philippe Gilbert, j'ai pensé que ce serait très compliqué."

"Je pense avoir trouvé la bonne tactique. La seule chance pour moi était d'attaquer et d'essayer de tenir. J'ai gagné, c'est un grand jour. Je me sens de mieux en mieux et je vais encore essayer."

Ancien vainqueur de courses à étapes, dont Paris-Nice en 2009, Sanchez était tout désigné pour être un candidat à la victoire dans les grands Tours.

Mais il s'est reconverti progressivement en chasseur d'étapes et balaie tout regret d'un revers de main. "Depuis Miguel Indurain, cela semble évident de dire que des coureurs doivent viser un Grand Tour. Moi non. Je suis déjà bien content d'avoir gagné quatre étapes", a-t-il exposé.

"Dans ma carrière, j'ai peut-être manqué d'ambition parfois, mais c'est difficile d'avoir la mentalité de Sagan qui, lui, veut gagner, gagner, gagner. C'est une question de caractère. J'envie Sagan qui ne se pose pas de questions mais je ne suis pas comme lui."

Edité par Gregory Blachier

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