Tour de France: les rivaux de Wiggins cherchent la faille

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LA 11E ÉTAPE DU TOUR DE FRANCE
LA 11E ÉTAPE DU TOUR DE FRANCE

par Gregory Blachier

ALBERTVILLE (Reuters) - La onzième étape du Tour de France, jeudi, entre Albertville et La Toussuire, a valeur de test pour les favoris du peloton avec ses deux cols hors catégorie et son arrivée après 18 kilomètres d'ascension.

Pour le maillot jaune Bradley Wiggins et son Team Sky comme pour les rivaux du Britannique, ce court mais éprouvant voyage en Savoie peut asseoir une domination ou rebattre les cartes.

Après une étape de moyenne montagne dans le Jura et celle de mercredi où le Grand Colombier était la principale difficulté mais n'arrivait qu'au-delà de la mi-course, il n'y a cette fois pas de place pour se ménager.

Le tracé n'est long que de 148 km, mais les cols s'enchaînent comme autant d'opportunités d'attaquer ou d'assommer définitivement la course.

Le col de la Madeleine - 25 km à 6,2% de pente moyenne -, le col de la Croix de Fer - 22,4 km à 6,9% - et la montée finale sur La Toussuire dessinent un profil des plus accidentés.

Mercredi, l'Italien Vicenzo Nibali a attendu la descente du Grand Colombier pour attaquer. En manque de soutien, il a été repris. L'Australien Cadel Evans n'a même pas essayé.

Seul parmi les dix premiers, le Belge Jurgen Van den Broeck a repris un peu de temps à Wiggins, entouré comme il se doit par la machine Sky. Ce ne sont que 32 secondes, mais elle lui ont permis de grignoter une place au classement et d'espérer des jours meilleurs.

"Il a osé", se félicitait son directeur chez Lotto-Belisol, Marc Sergeant. "Il y en a plusieurs qui sont obligés d'attaquer pour remonter et lui l'a fait. Il a repris quand même 32 secondes. Ce n'est pas beaucoup mais petit à petit..."

"TU NE PEUX PAS VRAIMENT ATTAQUER"

Jeudi, Van den Broeck comme les autres n'auront d'autre choix que de se lancer, sous peine de coller au train de Sky une fois de plus.

Et à écouter Marc Sergeant, il ne faudra pas trop tarder.

"Il faut vraiment attaquer le train, parce qu'ils ont une équipe pour les montées", a-t-il dit à Reuters.

"Si on peut éliminer quelques éléments, qu'ils ne sont plus que deux, Christopher Froome et Bradley Wiggins, il y a une chance de faire quelque chose. Autrement, ils sont trop forts."

"Dans la descente, si ils sont encore quatre ou cinq, ils n'ont pas de difficulté à reprendre une minute sur un adversaire. Si ils sont deux, c'est plus difficile, même pour Sky", a-t-il insisté.

Ici serait donc la clé : attaquer tôt pour éparpiller petit à petit les équipiers de Bradley Wiggins et le rendre vulnérable.

L'étape de jeudi s'y prête à merveille. Même Cadel Evans, pourtant peu enclin à choisir l'offensive, estime que les attaquants y seront sans doute récompensés.

Il ne reste pas moins que cette stratégie est plus simple à élaborer qu'à appliquer. Et pour le très expérimenté Ivan Basso, double vainqueur du Tour d'Italie, le train Sky paraît inébranlable.

"J'ai vraiment l'impression que ce Tour ressemble à ceux d'Armstrong et d'Indurain", a-t-il dit en évoquant deux champions qui étaient aussi très bien entourés et ont gagné respectivement sept et cinq fois le Tour.

"Chaque jour on peut essayer d'attaquer, mais comme ils sont très forts dans la montée, tu ne peux pas vraiment les attaquer. Tu pars et après 500 mètres, ils reviennent systématiquement sur toi."

édité par Henri-Pierre André

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