Tour de France : les forçats oubliés de Coutances

le , mis à jour à 08:05
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Tour de France : les forçats oubliés de Coutances
Tour de France : les forçats oubliés de Coutances

Même les légendes finissent par s'effacer. Le Tour de France n'y peut rien. A Coutances, petite cité nichée au coeur de la Manche et chapeautée par une cathédrale majestueuse, les vieilles histoires de la Grande Boucle n'ont pas résisté au temps. Un épisode marquant s'y est pourtant déroulé. En 1924, les frères Pélissier, Henri et Francis, héros cyclistes de l'époque, s'arrêtent au Café de la Gare sur la route de l'étape Cherbourg-Brest, accompagnés d'un autre coureur, Maurice Ville. Ils décident d'abandonner, écoeurés par la domination naissante d'un jeune talent, Ottavio Bottecchia.

Les nostalgiques sont surtout étrangers

A Albert Londres, reporteur célèbre mais novice sur la course, qui les a rejoints sur place, ils livrent cependant une version un brin romancée. Ils s'indignent, vitupèrent contre des organisateurs « inhumains », affirmant, preuves à l'appui, être contraints au dopage pour tenir le coup. L'article, paru dans « le Petit Parisien », fait grand bruit. Il lui sera associé, plus tard, le titre « les Forçats de la route », sous lequel il est passé à la postérité.

Aujourd'hui, il ne reste rien du bistrot rasé en 1998 pour agrandir le parking de la gare. Les Coutançais eux-mêmes semblent surpris quand on évoque cette page du Tour. Hier, alors que le peloton approchait en provenance de Saint-Lô, ils étaient rares à connaître l'anecdote. « C'est vrai que ça fait un moment qu'on n'en entend plus parler ici, même quand la course passe dans la région », précise Jean-Jacques Griezmann, qui tient un magasin de vêtements au pied de la cathédrale.

Alors, pour que l'histoire ne s'estompe pas totalement, le commerçant de 72 ans, natif de la ville, a exposé en vitrine des maillots de l'époque et de vieux quotidiens donnés par un ami journaliste qui suivait l'épreuve dans les années 1950. « La tradition n'a pas été perpétuée, glisse-t-il à regret. J'essaie de l'entretenir à ...

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