Tour de France: Lance Armstrong n'est plus là, son fantôme si

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L'OMBRE DE LANCE ARMSTRONG SUR LE TOUR DE FRANCE 2013
L'OMBRE DE LANCE ARMSTRONG SUR LE TOUR DE FRANCE 2013

par Julien Pretot

PARIS (Reuters) - L'ombre de Lance Armstrong planera sur la 100e édition du Tour de France, la première depuis les aveux du coureur texan, même si le cyclisme a commencé sa mue, d'abord dans les mentalités.

Certes, les coureurs ont quasiment tous pris leurs distances avec Armstrong, tombé en disgrâce pour cause de dopage, mais ni les commentateurs ni le public n'ont oublié dans quelles conditions il avait remporté ses sept Tours.

Malgré tout, Andrew Talansky, l'un des nombreux jeunes coureurs américains qui ont grandi en prenant modèle sur l'icône Armstrong, estime que l'on peut de nouveau s'enthousiasmer pour ce sport qui, juge-t-il, s'est assaini.

"La première chose que je dis aux sceptiques qui se demandent si l'on peut encore croire au cyclisme, c'est qu'on a maintenant des gens comme Thibaut Pinot qui peuvent finir dans le Top 10 pour leur première participation", a dit le coureur de Garmin-Sharp à Reuters.

Pour le Britannique David Millar, ex-dopé repenti, le dopage est un poids pour les générations qui viennent.

"Ça les met plus en colère qu'autre chose d'avoir à supporter les erreurs d'une autre génération", a-t-il estimé dans un entretien à Reuters. "Nous apprenons aux jeunes coureurs à en parler, nous ne les bâillonnons jamais."

Toutes les formations ne sont pas aussi à l'aise sur le sujet. Cette année, les coureurs de la BMC ont reçu l'instruction de ne surtout pas répondre à une question contenant le patronyme du Texan.

"TOLÉRANCE ZÉRO"

"Une question qui contient le nom de Lance Armstrong n'est pertinente pour aucun des coureurs de l'équipe ni pour aucun manager durant le Paris-Nice. C'est une demande du président-manager général, Jim Ochowicz", a écrit en mars à Reuters un porte-parole de la formation.

Mais globalement, les réactions aux affaires ont changé.

En 1999, le Français Christophe Bassons avait abandonné en plein Tour sous la pression, a-t-il dit, de Lance Armstrong qui lui reprochait ses prises de position antidopage.

Désormais, ceux qui sont pris en flagrant délit sont pointés du doigt par le peloton.

Quand l'Italien Danilo Di Luca a été contrôlé positif à l'EPO sur le Giro d'Italie cette année, certains n'ont pas hésité à le blâmer publiquement sur les réseaux sociaux.

"Di Luca ! Le dopage a disparu dans le monde du cyclisme mais pas dans ton monde. Tolérance zéro pour les tricheurs ! J'espère que tu ne reviendras jamais dans le cyclisme", a notamment écrit André Greipel sur Twitter.

Autre signe de changement : la formation française AG2R La Mondiale s'est retirée du Critérium du Dauphiné au début du mois en vertu des règles du Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC).

Selon ses prescriptions, une équipe doit s'auto-suspendre dès lors qu'elle est impliquée dans deux affaires de dopage au cours des douze mois précédents.

"Il y a une nouvelle génération de coureurs qui n'a rien à voir avec le dopage et qui peut gagner des courses", a expliqué le mois dernier à Reuters Pat McQuaid, président d'une Union cycliste internationale ébranlée par le scandale Armstrong.

Edité par Simon Carraud et Olivier Guillemain

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  • M78543 le mercredi 26 juin 2013 à 17:30

    Et si nos politiques se dopaient aussi , vite vite , une ordonnance