Tour de France: la France se découvre un champion, Thibaut Pinot

le
0
Tour de France: la France se découvre un champion, Thibaut Pinot
Tour de France: la France se découvre un champion, Thibaut Pinot

par Gilles Le Roc'h

PORRENTRUY, Suisse (Reuters) - Thibaut Pinot a des jambes de champion et une "gueule" de star. Il est surtout le plus jeune coureur du Tour de France et a réalisé un exploit majeur dimanche pour s'imposer en solitaire dans la huitième étape entre Belfort et Porrentruy.

Depuis deux ans, il avait souvent promis une très belle carrière, en gagnant notamment la Semaine Lombarde en septembre dernier.

Mais le jeune protégé de Marc Madiot est aussi un leader dans l'âme, un coureur qui veut réussir, gagner, doté d'une personnalité forte.

Il est un grimpeur-né et dans une étape partie de chez lui, le coureur de FDJ-Big Mat a allié toutes ses forces pour l'emporter, gagner sa première victoire d'étape dans le Tour et faire souffler un grand vent de fraîcheur sur l'épreuve.

A la veille du premier grand contre-la-montre, il était évident que pour la première fois en huit jours, une échappée pourrait aller au bout.

C'est la raison pour laquelle ils ont été si nombreux à vouloir être dans le coup.

Jens Voigt y a cru le premier mais il n'a pu résister au retour d'un groupe de 22 coureurs quand le Team Sky, de façon inexplicable, a refusé de desserrer l'étau, demandant notamment à Edvald Boasson Hagen puis à Christian Knees de rouler.

L'échappée a donc mis beaucoup de temps à partir et il a fallu la chute de Samuel Sanchez, le meilleur grimpeur du Tour 2011, pour que le peloton ralentisse.

Vingt-deux coureurs étaient donc à l'avant, dont Thibaut Pinot, sagement en retrait pour profiter du sacrifice de son équipier Jérémy Roy qui a d'abord été seul en tête pendant 25 kilomètres avant de laisser filer le Suédois Fredrik Kessiakoff, parti pour un cavalier seul de 60 kilomètres.

"UN RÊVE"

Il restait deux cols à gravir lorsque Thibaut Pinot a pris les choses en main.

Il est sorti en compagnie de ses compatriotes Tony Gallopin, Christophe Kern, David Moncoutié et du Croate Robert Kiserlovski; il a conservé avec lui Gallopin pour aborder la dernière difficulté, le col de La Croix, avec une minute de retard sur Kessiakoff.

Il a fait alors l'étalage de ses qualités pour rejoindre le Suédois à un kilomètre du sommet, poursuivre sur sa lancée, ne jamais se retourner, dégoûter le Scandinave, foncer sur Porrentruy et l'emporter en solitaire avec 26 secondes d'avance sur les groupe des favoris.

Ceux-là s'étaient pourtant livrés sans compter dans le sillage de Cadel Evans, Vincenzo Nibali et Jurgen Van den Broeck.

"Je vis un rêve", a dit Thibaut Pinot, très ému, avant de recevoir l'accolade de tous ses équipiers. "Ça a été les dix kilomètres les plus longs de ma vie, je vais m'en souvenir toute ma vie..."

La France s'est ainsi découverte en Suisse un champion de 22 ans et le peloton a eu la confirmation du talent de Pinot lors de cette journée mémorable pour le cyclisme tricolore, qui aura aussi été celle de la plus belle étape depuis le départ de Liège.

Au classement général, elle a seulement permis de circonscrire le groupe des rivaux du Team Sky et de Bradley Wiggins, toujours en jaune dimanche soir.

Cadel Evans, Vincenzo Nibali mais aussi Jürgen Van den Broeck, qui s'est beaucoup montré, et Fränk Schleck, qui semble aller mieux, en sont. Pas Rein Taaramäe, qui a perdu deux minutes.

Tous auront relevé, dans le final, le relatif isolement du maillot jaune, accompagné du seul Christopher Froome: ce n'est peut-être qu'un détail, mais si Wiggins ne creuse pas les écarts lundi contre la montre entre la Saline Royale d'Arc-et-Senans et Besançon, ce détail pourrait avoir son importance.

Edité par Grégory Blachier

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant