Tour de France: la BMC d'Evans piquée au vif

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COLÈRE DE L'ÉQUIPE BMC EN RAISON DE JETS DE CLOUS SUR LE TOUR
COLÈRE DE L'ÉQUIPE BMC EN RAISON DE JETS DE CLOUS SUR LE TOUR

par Gregory Blachier

FOIX, Ariège (Reuters) - L'équipe BMC de Cadel Evans était furieuse dimanche après l'arrivée de la quatorzième étape durant laquelle l'Australien a crevé à trois reprises à cause de clous jetés sur la route.

Le vainqueur du Tour de France 2011 a été le plus malheureux de la trentaine de coureurs touchés par cet incident survenu au sommet du Mur de Péguère.

S'il n'y a pas eu de conséquences au classement, puisque le maillot jaune Bradley Wiggins a fait attendre le peloton pour permettre à Evans de refaire son retard, le patron de BMC, Jim Ochowicz, était furieux.

"C'est un acte criminel. On joue avec la vie des gens", a-t-il dit aux journalistes.

"Quelqu'un a décidé de mettre des clous sur la route dans un sommet et de jouer avec la vie des gens. C'était vraiment très dangereux pour tout le peloton", a-t-il insisté.

Même agacement chez le manager John Lelangue, qui a évoqué un geste "minable" et d'autant plus dangereux que les coureurs allaient entamer une descente dans laquelle leur vitesse peut atteindre 90 km/h.

La triple crevaison de Cadel Evans a donné lieu à des scènes qui pourraient confiner au comique de situation - notamment la double chute maladroite d'Ochowicz dans le fossé au moment de dépanner son coureur - mais la colère l'emportait sur l'envie de rire chez BMC.

L'Australien vit déjà un Tour de France 2012 très compliqué. Largement battu dans le premier contre-la-montre, distancé dans la montée vers La Toussuire, il est quatrième au général à plus de trois minutes de Bradley Wiggins et a sans doute perdu sa couronne.

Il s'est pourtant montré plus fataliste que son encadrement à l'arrivée, bien qu'agacé par la répétition de ces incidents.

"Ce sont les choses de la vie, espérons que la roue tourne", a-t-il dit. "Ça m'est déjà arrivé auparavant, deux fois en Espagne. C'est pourquoi je ne cours plus très souvent en Espagne. Je suis désolé pour les gens et mes amis là-bas, pour ceux qui me soutiennent, mais certains vont vraiment trop loin."

"Ça m'a déjà coûté la Vuelta et une autre course."

Pas au mieux de sa forme, malheureux dimanche, Evans a néanmoins pu compter sur la sportivité de Bradley Wiggins, qui a rapidement entrepris de réguler l'allure du peloton.

Le Team Sky a expliqué la situation au maillot jaune qui a permis à son rival de revenir.

"On a eu beaucoup, beaucoup de chance, personne n'a crevé. Mais il était évident que quelque chose n'allait pas", a dit le patron du Team Sky, Dave Brailsford.

"Donc (Wiggins) a décidé de ralentir un peu et de ne pas en tirer profit. C'est évident quand quelque chose comme ça se produit, ce n'est pas du vélo. C'était vraiment le chaos."

"C'était ce qu'il fallait faire. Quand des incidents de ce genre se produisent dans le sport, vous ne savez jamais ce qui peut vous arriver."

A entendre le directeur sportif Sean Yates, toutes les équipes n'ont pas fait preuve du même fair-play.

"On a vu à la télévision que Cadel avait crevé puis il y a eu de plus en plus de crevaisons, à intervalles réguliers", a-t-il dit.

"Ce qui semble être un sabotage a fait beaucoup de victimes - Denis Menchov, Andreas Klöden, Christopher Horner, Janez Brajkovic. S'en est suivi un effort à l'avant de Lotto et Liquigas, principalement au détriment de BMC", a-t-il poursuivi, citant les équipes de Vicenzo Nibali, troisième du général devant Evans et de Jurgen Van den Broeck, cinquième à 1'29" de l'Australien.

"Ça n'était pas très sportif de leur part."

avec Julien Prétot, édité par Henri-Pierre André

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