Tour de France: l'enfant Bradley est devenu le roi Wiggins

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L'ENFANT BRADLEY EST DEVENU LE ROI WIGGINS
L'ENFANT BRADLEY EST DEVENU LE ROI WIGGINS

par Gregory Blachier

CHARTRES, Eure-et-Loir (Reuters) - Le rêve d'un gamin de Londres nommé Bradley Wiggins, qui épinglait aux murs de sa chambre les posters de ses idoles, comme Miguel Indurain, est sur le point de se réaliser.

En s'imposant dans l'ultime contre-la-montre du Tour de France 2012, le Britannique a accompli ce à quoi il pensait sans y croire - emmener le maillot jaune à Paris, où il sera sacré.

Le poing brandi sur la ligne d'arrivée à Chartres avait déjà trahi son émotion. Quelques minutes plus tard, elle était encore palpable lorsqu'il s'est présenté à la presse pour évoquer un succès construit méthodiquement depuis quatre ans, mais dont les germes remontent à bien plus loin.

"J'étais un gamin qui regardait le Tour, qui rêvait de gagner le Tour mais je n'aurais jamais pensé le faire, qu'un gamin qui a grandi dans le centre de Londres puisse gagner le Tour", a-t-il dit.

"Je suis mû par l'amour de ce sport, le respect de ce sport. Ça remonte à mon enfance parce que j'ai grandi avec des posters de Miguel Indurain, de Johan Museeuw sur les murs."

"Moi, j'étais branché cyclisme. Un gamin anglais rêve de lever la FA Cup mais moi, je me disais plutôt qu'être sur le Dauphiné ou le Tour ce serait un rêve, je savais ce que ces courses représentaient."

Si le petit Bradley rêvait, l'homme Wiggins n'a rien laissé au hasard pour accomplir ce qu'aucun autre Britannique n'avait fait avant lui.

L'ancien pistard, qui avait tout gagné dans les vélodromes, a travaillé sans relâche pendant quatre ans au sein d'un Team Sky construit pour remporter le Tour de France.

Après une quatrième place prometteuse en 2009, il restait sur deux tentatives avortées - 23e en 2010, abandon sur chute l'année dernière.

"Ces déceptions, vous en avez besoin pour être plus fort. Venir dans le Tour avec le Team Sky et l'objectif de gagner mais ne pas le faire, c'était un désastre", a-t-il expliqué.

"L'année dernière, ça a été un tournant. J'ai regardé ce que je faisais, comment je m'entraînais. Voir Cadel (Evans) gagner le Tour, voir à quel point il était heureux, ça a été ma motivation."

"C'est ce qui me fait lever le matin, aller à l'entraînement, mettre autant de temps dans ce projet."

"C'EST GRAND"

Bradley Wiggins y est parvenu et passera dimanche un dernier jour en jaune, une couleur qu'il arbore avec fierté depuis deux semaines mais qu'il semble parfois s'étonner de porter.

"C'est ma plus grande réussite sportive. Il n'y a rien de plus grand que le Tour", a-t-il dit.

"Il y a des gens qui l'ont gagné plusieurs fois, dans ma vie il y a eu 15 vainqueurs du Tour (...) Vous ne pensez jamais figurer à côté de ces noms."

Sa victoire doit autant à son talent et à sa polyvalence qu'au travail de ceux qui l'entouraient et ont quasiment neutralisé la course, tant Sky a maîtrisé l'événement, au point que certains au sein du peloton, ont jugé ce Tour ennuyeux.

"Le cyclisme a un peu changé", a observé Wiggins.

"Le tour est un peu plus humain. Si les gens veulent voir d'incroyables envolées solitaires de 220 km dans les montagnes, peut-être n'est-ce plus possible. C'est peut-être un ennui mais ça n'empêche pas certains de dire que je suis peut-être dopé."

Humain, il l'a été à l'approche de la délivrance, alors qu'il traçait sa route à 50 km/h à travers l'Eure-et-Loir et se savait très en avance.

Le champion britannique a enfin délaissé la méthode pour laisser son esprit voguer vers sa famille, son grand-père, un "modèle" mort il y a deux ans, pendant le Tour, et savourer ce couronnement.

"Sur la ligne, j'ai repassé toute la course dans ma tête en me disant c'est pour ça que tu as bossé, j'ai pensé à tout ce par quoi on est passé, pas seulement sur le vélo mais hors du vélo", a-t-il dit. "Vous n'imaginez jamais que ce sera vous, c'est grand."

Edité par Marine Pennetier

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