Tour de France: Greipel et Impey profitent de l'inertie

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L'ALLEMAND ANDRÉ GREIPEL REMPORTE LA SIXIÈME ÉTAPE DU TOUR DE FRANCE
L'ALLEMAND ANDRÉ GREIPEL REMPORTE LA SIXIÈME ÉTAPE DU TOUR DE FRANCE

par Gilles Le Roc'h

MONTPELLIER (Reuters) - Des abandons, des chutes, un sprint, un maillot jaune inédit sur les épaules de Daryl Impey et une course qui n'en était pas vraiment une ont précédé jeudi la victoire de l'Allemand André Greipel dans la sixième étape du Tour de France.

Les visages témoignaient, derrière la ligne d'arrivée, du soulagement de coureurs ayant passé sans encombre cette étape redoutée depuis la présentation du parcours en octobre dernier.

Un tracé d'Aix-en-Provence à Montpellier signifie presque toujours un fort vent, des bordures et des leaders en déroute.

En 2007, Christophe Moreau avait perdu quatre minutes à Montpellier. Deux ans plus tard, Alberto Contador avait été piégé sur la route de La Grande Motte par son équipier d'alors, Lance Armstrong.

Beaucoup imaginaient une énorme bagarre, des rafales de vent étant signalées pendant 80 kilomètres et pourtant, rien, absolument rien n'est arrivé sur le plan sportif.

Après l'attaque de Luis Mate, qui s'est vite rendu compte que son aventure était inutile, il n'y eut aucune tentative d'échappée. Le peloton, très nerveux, est resté groupé dans la crainte d'un coup de tabac qui n'a pas eu lieu, aucune équipe n'en prenant la responsabilité.

"Tout le monde avait peur", a dit le patron de FDJ.fr, Marc Madiot, dont le leader Thibaut Pinot peut être considéré comme l'un des grands bénéficiaires de cette journée, n'ayant pas perdu de temps.

"C'est vrai, le vent soufflait mais il y avait aussi beaucoup de zones abritées et il était difficile de faire la différence. Je pense que tous les coureurs qui sont ici pour le classement général se disent que c'est 24 heures de gagnées mais cette étape a également usé la tête de tout le monde."

LES LOTTO, MALHEUREUX PUIS VICTORIEUX

Avant que le sprint ne se joue aux abords du stade Yves du Manoir de Montpellier, il y eut des scènes de vie courantes dans le Tour.

Les abandons du Suédois Fredrik Kessiakof, qui avait bataillé avec Thomas Voeckler en 2012 pour le maillot à pois, du Français Nacer Bouhanni, dont le calvaire s'est arrêté avant la mi-course.

Les chutes du Colombien Nairo Quitana, touché au genou à deux jours de la première étape de montagne, de Joaquim Rodriguez, amoché sur le côté gauche, ou de Janez Brajkovic, contraint à l'abandon.

Mark Cavendish est également tombé à 34 kilomètres de l'arrivée, et s'il est revenu rapidement dans le peloton, il a semblé manquer de forces dans le sprint. Fou de rage, le vainqueur de la veille à Marseille a piqué une énorme colère, jugeant son vélo, donc son mécanicien, responsables de ses malheurs.

L'Allemand André Greipel a, lui, parfaitement négocié le sprint et déjà réussi son Tour de France.

"Nous étions vraiment malheureux ce matin de perdre notre leader, Jurgen Van den Broeck, contraint à l'abandon", a dit le sprinteur de l'équipe Lotto-Belisol à propos de son chef de file belge, qui a renoncé à cause d'une blessure au genou.

"Nous avons essayé de ne pas y penser, de nous concentrer sur la journée. Mon équipe m'a parfaitement préparé le sprint. Je suis content de gagner après ma chute à Bastia. Pour gagner il faut une bonne étoile. Je l'ai eue ici", a ajouté Greipel, cinq victoires dans le Tour désormais.

Cette étape restera enfin dans l'histoire comme celle ayant permis à Daryl Impey d'être le premier Sud-Africain porteur du maillot jaune, à l'endroit précis où Robert Hunter avait offert, en 2007, la première victoire d'étape à leur pays.

Edité par Gregory Blachier

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