Tour de France: Froome résiste aux Espagnols dans la 17e étape

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CHRISTOPHER FROOME DOMINE LE CONTRE-LA-MONTRE DE LA 17E ÉTAPE DU TOUR
CHRISTOPHER FROOME DOMINE LE CONTRE-LA-MONTRE DE LA 17E ÉTAPE DU TOUR

par Gilles Le Roc'h

CHORGES, Hautes-Alpes (Reuters) - Avant d'entrer de plain-pied dans les Alpes, le Tour de France a vécu mercredi une journée d'une intensité dramatique inattendue dans un contre-la-montre remporté par Christopher Froome, qui a encore une fois mis en échec tous ses rivaux.

Le tracé retenu par les organisateurs, entre Embrun et Chorges (32 km), était très différent que celui qui avait permis à Tony Martin de l'emporter la semaine dernière lors du dernier chrono individuel.

Aux grandes lignes droites vallonnées de Normandie s'est substitué un toboggan sur lequel le champion du monde allemand n'a pas existé, et qui a donné lieu à un magnifique match entre Christopher Froome et les Espagnols, qui ont tour à tour amélioré le meilleur temps sans parvenir, pour autant, à impressionner le maillot jaune.

Le programme était exigeant: une côte de 6,5 km à grimper à froid, une descente sinueuse, piégeuse et dans laquelle il fallait garder son sang-froid, une nouvelle côte un peu plus longue avant de plonger vers Chorges sur une route moins tourmentée et dont le revêtement était parfait.

Contrairement à ce qu'il s'était passé en Normandie, Christopher Froome a été en retard aux deux premiers points de chronométrage intermédiaire, concédant deux secondes au sommet de la première côte, onze secondes au sommet de la deuxième, soit à 12 km de l'arrivée.

Il a pourtant arraché la victoire sur la ligne, la troisième pour lui dans ce Tour 2013, en battant Alberto Contador de neuf secondes et Joaquim Rodriguez de dix secondes après avoir changé de vélo dans la dernière partie du parcours.

Cela signifie que dans la dernière descente précédant un replat de deux km, le Britannique a pris 20 secondes à son grand rival, qui, lui, n'a pas opté pour un changement de bicyclette.

"GAGNER EST UNE SURPRISE!"

"J'avais reconnu ce chrono après le Critérium du Dauphiné, je savais qu'il était à la fois très exigeant dans les côtes et piégeux dans les descentes, surtout la première", a expliqué le coureur de l'équipe Sky à l'issue de sa victoire.

"Heureusement, notre course n'a pas été perturbée par la pluie comme cela avait été envisagé. J'ai reçu quelques gouttes dans le final mais rien qui ne puisse me gêner. Pour être franc, j'étais prêt à perdre un peu de temps dans cette étape parce que je ne voulais pas prendre de risques. Gagner est une surprise!", a-t-il ajouté.

A l'arrivée, Froome a donc devancé Contador de 9", Joaquim Rodriguez (Katusha) qui n'avait jamais réussi un tel chrono de 10", Roman Kreuziger (Saxo Bank-Tinkoff) de 23" et Alejandro Valverde (Movistar) de 30".

"Pour moi, c'était un bon jour jusqu'à l'arrivée de Froome qui est dans une forme exceptionnelle. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour le battre, mais ça n'a pas suffi", a reconnu Alberto Contador.

Cette étape contre-la-montre a été celle de la domination confirmée du maillot jaune, du sursaut des trois meilleurs Espagnols qui, sans doute, lui mèneront la vie dure dans les Alpes.

Elle fut aussi celle de la désillusion pour Bauke Mollema (Belkin), qui, en concédant plus de deux minutes, est sorti du podium, occupé désormais par deux coureurs de l'équipe Saxo Bank-Tinkoff, Alberto Contador et Roman Kreuziger.

Elle a été terrible, enfin, pour le meilleur Français, Jean-Christophe Péraud (Ag2R-La Mondiale), neuvième du classement général au départ.

Il a été victime d'une chute, mercredi matin, pendant la reconnaissance du parcours et des examens pratiqués à l'hôpital de Gap ont révélé la fracture d'une clavicule.

Pourtant il s'est élancé dans le contre-la-montre, en laissant supposer la douleur ressentie à tirer sur son guidon dans les côtes. Il accomplissait un exploit en se situant parmi les 10 premiers de l'étape quand il est tombé, une nouvelle fois, dans l'un des derniers virages.

En larmes, il est monté dans la voiture de son directeur sportif, Vincent Lavenu, et a abandonné.

Edité par Olivier Guillemain et Gilles Trequesser

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