Tour de France: Fourneyron ne veut pas de "lynchage médiatique"

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VALÉRIE FOURNEYRON NE VEUT PAS DE "LYNCHAGE MÉDIATIQUE" SUR LE CYCLISME
VALÉRIE FOURNEYRON NE VEUT PAS DE "LYNCHAGE MÉDIATIQUE" SUR LE CYCLISME

par Gilles Le Roc'h

PORTO-VECCHIO, Corse du Sud (Reuters) - Le cyclisme ne doit pas faire l'objet d'un "lynchage médiatique" alors qu'il "lutte depuis des années" contre le dopage, a déclaré samedi Valérie Fourneyron, présente en Corse pour le départ du centième Tour de France, aux agences de presse.

Accueillie au village départ par le directeur du Tour, Christian Prudhomme, la ministre des Sports devait ensuite rencontrer une délégation de coureurs venus dire leur désarroi face au traitement médiatique du dopage au lendemain de la publication dans la presse française d'une interview de Lance Armstrong.

Q: Que vous inspire ce départ en Corse du centième Tour de France?

R: C'est un plaisir de vivre cette centième édition du Tour, un départ de Corse pour la première fois. Le Tour de France, que le monde entier nous envie par son rayonnement, est la plus grande fête populaire, sportive, gratuite avec la mise en valeur aux quatre coins du monde de notre paysage et de notre patrimoine, culturel, naturel. Je le répète, c'est un grand plaisir.

Q: Vous allez rencontrer des coureurs venus vous dire leur désarroi quant au traitement du dopage. Les comprenez-vous?

R: Oui, il n'y a pas de chasse aux sorcières, il ne faut pas de lynchage médiatique. Le Tour de France n'est pas que le dopage et le dopage n'est pas que le Tour de France.

La lutte contre le dopage est nécessaire et doit s'appliquer à toutes les disciplines. Il est indispensable de continuer à travailler tous ensemble, avec les coureurs, avec leur environnement, avec les instances du cyclisme pour lutter contre ce fléau pour l'éthique du sport, pour la santé des sportifs.

C'est un combat qui n'est pas totalement derrière nous mais nous progressons tous ensemble. Plus de la moitié des équipes ont rejoint le Mouvement pour un cyclisme crédible (MPCC) et s'inscrivent pour une lutte plus efficace. Il y a la volonté de refermer l'histoire du passé, des années noires mais il faut encore lever l'omerta qui résiste pour inscrire l'avenir du Tour, du sport en général avec l'éthique à tous les niveaux.

Q: Les cyclistes se plaignent d'un déséquilibre de la lutte contre le dopage, qu'ils jugent très forte dans leur sport, moins dans d'autres. Qu'en pensez-vous?

R: Effectivement, le cyclisme lutte depuis des années. On parle beaucoup des contrôles au moment du Tour de France mais il y en a de plus en plus dans les autres disciplines mais il faut qu'ils soient de mieux en mieux ciblés, de mieux en mieux orientés, de plus en plus inopinés. Elle doit concerner tous les sports, être pertinente et donner l'impression que personne n'est ciblé plus qu'un autre, que le cyclisme ne le soit pas plus que les autres sports.

Q: Les équipes du MPCC souhaitent votre aide pour une réglementation des corticoïdes. Que leur répondez-vous?

R: Il faut une recherche scientifique qui soit aboutie sur les profils stéroïdiens. Il y a un travail de l'Ama (l'Agence mondiale antidopage) en matière de recherche, je siège au comité exécutif de l'Ama, pour accroître la pertinence du passeport biologique. C'est le suivi de la santé avant d'être le suivi de la tricherie derrière le taux de cortisol, le taux des stéroïdes. Ce doit être appliqué à tous mais ça progresse bien.

Q: Avez-vous un espoir concernant le déroulement sportif du centième Tour de France?

R: Que ce soit un Français qui gagne et pourquoi pas Thibaut Pinot.

Edité par Bertrand Boucey

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