Tour de France: Fabian Cancellara gagne le prologue en habitué

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Tour de France: Fabian Cancellara gagne le prologue en habitué
Tour de France: Fabian Cancellara gagne le prologue en habitué

par Gilles Le Roc'h

LIEGE, Belgique (Reuters) - Le Tour de France a des habitudes vieilles de 109 ans et des repères rassurants mais le prologue suscite toujours une émotion forte chez les suiveurs comme les coureurs, heureux de lâcher les chevaux, à l'image de Fabian Cancellara, de nouveau vainqueur d'un exercice qu'il connaît par coeur.

Il était 14 heures pile quand le Hollandais Tom Veelers (Argos-Shimano) s'est élancé le premier dans les rues de Liège, noires de monde, dans une ambiance assourdissante.

Pour lui comme pour les 197 autres coureurs, confinés dans leurs chambres d'hôtel depuis quatre jours, le choc a été énorme.

L'exercice du prologue, inventé dans le Tour de France 1967 pour permettre à la ville organisant le Grand Départ de proposer au public la présentation de chaque coureur, n'est pas un exercice anodin.

S'il est utile de rappeler que le Tour de France ne se gagne pas dans ce premier rendez-vous et que les secondes de samedi devraient être des minutes dans trois semaines, cet exercice est stressant pour tous.

"C'est bien d'avoir démarré", disait un Bradley Wiggins heureux de sa deuxième place. "J'ai juste essayé de me concentrer sur ma course en étant vraiment calme et détendu et j'ai tout fait pour le rester en m'isolant de toute cette folie autour de nous avec mon iPod."

Il y avait ceux qui n'attendaient rien de cette journée, pas même de concourir pour le classement par équipes et pour eux, ce fut quand même plus simple.

Il y a ceux qui devaient montrer à leur leader qu'ils sont prêts et dans ce registre l'Américain Tejay Van Garderen (BMC), quatrième en faisant mieux que son leader Cadel Evans, a fait fort, s'emparant du maillot blanc de meilleur jeune.

UN VÉLODROME DE 6,4 KM

Enfin, il y avait ceux soucieux de bien lancer leur course, les leaders qui poursuivent l'ambition légitime de gagner le Tour ou d'obtenir un bon classement à Paris.

Cette liste relève du ressort psychologique mais il est quand même préférable de ne pas se rater.

Auteur d'un départ prudent, Wiggins s'en est peut-être fait la remarque, accélérant nettement dans la partie finale pour accrocher la deuxième place à sept secondes de Cancellara mais en repoussant, déjà, tous ses principaux rivaux.

Dans l'ordre le Russe Denis Menchov (Katusha) à six secondes, Cadel Evans (BMC) à dix, l'Italien Vincenzo Nibali (Liquigas-Cannondale) à onze.

L'écart est déjà plus grand sans être inquiétant pour le Slovène Janez Brajkovic (Astana), qui pointe à quinze secondes, le Français Jérôme Coppel (Saur-Sojasun) à 18, le Hollandais Robert Gesink (Rabobank) à 19 et le Belge Jürgen Van den Broeck (Lotto-Belisol) à 21.

Il est préoccupant pour tous les autres, notamment Thomas Voeckler (Europcar), pointé à 27 secondes, mais le favori du public français a très peu couru en juin en raison d'une blessure au genou.

L'Espagnol Alejandro Valverde (Movistar) est à 28 secondes et il faut lire la deuxième page du classement, au-delà de la 128e place, pour trouver trace de Michele Scarponi (Lampre-ISD), Frank Schleck (RadioShack-Nissan) et Samuel Sanchez (Euskaltel).

Il y avait enfin la lutte pour gagner le prologue et endosser le premier maillot jaune, le défi de dominer le grand spécialiste Fabian Cancellara. Personne n'y est parvenu.

Le Français Sylvain Chavanel, troisième dans le même temps que Wiggins, peut être satisfait de sa course mais son équipier Tony Martin, champion du monde de la spécialité, nourrira bien des regrets.

L'Allemand était parti pour signer une performance majeure avant d'être stoppé par une crevaison. La remarque est vraie pour le Slovaque Peter Sagan qui a failli chuter lorsque sa roue avant a glissé, mais il semblait déjà en retrait.

"Des cinq maillots jaunes que j'ai portés après une victoire dans le prologue", a dit Cancellara, "je mets celui-là au-dessus de la pile."

"C'est une très grande satisfaction de gagner à Liège comme je l'avais fait en 2004 mais je pense que la liesse populaire était cette fois beaucoup plus forte. Nous avons roulé dans un vélodrome de 6,4 kilomètres, c'était intense, très intense!"

C'est le Tour de France, la plus grande course du monde qui vivra dimanche une première étape vallonnée et au bout de laquelle des milliers de Wallons souhaiteront la victoire de Philippe Gilbert. Et ce sera intense, très intense.

Gilles Le Roc'h, édité par Grégory Blachier

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