Tour de France: Fabian Cancellara envers et contre tout

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Tour de France: Fabian Cancellara envers et contre tout
Tour de France: Fabian Cancellara envers et contre tout

par Gregory Blachier

LIEGE, Belgique (Reuters) - Le Tour de France a débuté par un prologue à l'étranger et comme à chaque fois que cela se produit depuis 2004, quelles que soient les circonstances, Fabian Cancellara en a imposé, samedi à Liège.

Ce nouveau succès, son cinquième dans un prologue du Tour, a un goût particulier pour le Suisse.

Victime d'une fracture de la clavicule le 1er avril, membre d'une équipe, RadioShack, en proie aux doutes avec le forfait d'Andy Schleck et l'absence du manager Johan Bruyneel en raison d'anciennes suspicions de dopage, Cancellara aurait pu flancher. Il n'en a rien été.

Il s'élançait parmi les derniers dans les rues de Liège où il arrivait en grand favori huit ans après s'y être révélé, déjà sur la Grande Boucle.

En un peu plus de sept minutes, il a montré qu'il restait le maître de l'exercice, reléguant le Britannique Bradley Wiggins, favori du Tour et deuxième samedi, à sept secondes, un gouffre.

A l'arrivée, Cancellara n'a pas boudé son plaisir.

"Aujourd'hui j'ai fait exploser les jambes pour avoir cette victoire", a-t-il dit à un journaliste lui rappelant qu'il y a moins de trois mois, il avait la clavicule en miettes.

"UN LEADER DOIT ÊTRE FORT"

"Je place cette victoire très très haut sur ma liste. Tout en haut sans doute. Je suis content", a-t-il ajouté.

"C'est toujours grand de gagner, je suis vraiment fier."

Le Suisse était d'autant plus heureux qu'il se savait attendu huit ans après sa première victoire, en 2004, à l'occasion de son premier Tour de France.

Le public très nombreux massé sur le parcours lui a rafraîchi la mémoire, le célébrant presque comme l'un des siens.

"C'est toujours spécial de gagner une deuxième fois ici, c'est magnifique. Liège et les Belges, c'est la terre du cyclisme. Je suis fier d'être (en jaune) demain sur les terres de Wallonie", a-t-il dit.

La foule n'a jamais fait dévier Cancellara de son cap durant les sept minutes et 13 secondes passées à tout donner.

"J'étais concentré sur moi-même. Quand je suis au départ, ça m'est égal ce qui se passe à droite, à gauche. J'ai fait une journée à 100%, 6,4 km à bloc", a-t-il dit.

Après deux deuxièmes places dans les chronos du Tour de Suisse, ce retour à un rang plus habituel est un soulagement pour Cancellara, mais aussi pour son équipe, privée de son leader et de son manager sur ce Tour.

Samedi, elle a trouvé un homme capable de se comporter en patron, en leader mental.

"Aujourd'hui j'en ai fait la démonstration. J'aurais pu baisser la tête après ma chute et dire 'à l'année prochaine'. Mais on est un leader non seulement par ce qu'on gagne mais aussi par le travail que l'on fait pour y arriver", a-t-il dit.

"Je suis responsable de moi-même, de ma famille, vis-à-vis de mes coéquipiers. Un leader doit être fort, pas faible."

Edité par Chrystel Boulet-Euchin

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