Tour de France: Evans ne veut pas tomber sans combattre

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CADEL EVANS COMPTE SE BATTRE
CADEL EVANS COMPTE SE BATTRE

par Gilles Le Roc'h

FLEURIE, Saône-et-Loire (Reuters) - Cadel Evans est touché, presque dans les cordes, mais ayant toujours été un sacré combattant, l'Australien tenant du titre refuse l'idée d'une défaite dans le Tour de France 2012.

Le leader de l'équipe BMC est bien sûr dans une situation très différente de l'année dernière, quand une excellente première semaine - pas de chute, victoire à Mûr-de-Bretagne, deuxième du contre-la-montre par équipes - lui avait donné un coup d'avance.

Il avait alors pu maîtriser Andy Schleck et Alberto Contador, courir en réaction plutôt que provoquer - ce qu'il a très rarement fait au cours de sa carrière.

Avant de reprendre la route mercredi en direction des Alpes, la situation est claire pour Evans.

Il est deuxième du classement général, encadré par deux coureurs du Team Sky, Bradley Wiggins et Christopher Froome, et il est distancé de près de deux minutes par le premier.

"Le Tour n'a pas été optimal pour moi pour l'instant, a-t-il concédé. C'est sûr que 1'53" (de retard au général), ce n'est pas la meilleure des positions comparée aux deux secondes de l'an dernier."

Evans n'oublie sans doute pas qu'il devrait perdre encore du temps dans le dernier contre-la-montre, très long et plat, dans la Beauce, la veille de l'arrivée à Paris. Il sait donc qu'il doit attaquer pour inverser la tendance.

"Il reste deux semaines. On va rester dans l'offensive, quoi qu'il arrive...", a assuré son directeur sportif, John Lelangue.

Un propos étonnant car son leader n'attaque jamais et ne l'a pas fait depuis le départ de Liège, sinon pendant deux kilomètres dimanche au bas d'une descente.

Une "offensive" d'une telle envergure n'a pas de quoi faire trembler le Team Sky.

Si Evans a envie d'attaquer, la question concerne ses possibilités de le faire. Très nettement, et c'est vrai depuis le début de saison, il semble moins fort que l'an dernier.

"Ces derniers jours, a dit Evans, je me suis senti de mieux en mieux et il y avait des arrivées au sommet pour ouvrir un peu les choses. Ca a plutôt bien marché, Wiggins et Froome n'avaient plus d'équipiers dimanche."

Dans sa quête, Evans pense pouvoir se reposer sur son jeune équipier Tejay Van Garderen. Mais si l'Américain est un très bon rouleur, il a été décroché deux fois de suite, dans la Planche des Belles Filles et dans le Col de la Croix.

Le salut de l'équipe BMC peut donc venir d'une association de coureurs isolés. Un fantasme souvent étayé par des coureurs en position de faiblesse et qui, pour l'heure, n'est rien d'autre qu'un vieux rêve.

A ce stade de la course, deux coureurs seulement semblent pouvoir être des alliés objectifs d'Evans: le Belge Jürgen Van den Broeck (Lotto-Belisol) et l'Italien Vincenzo Nibali (Liquigas-Cannondale). D'eux peut venir la révolte. Cadel Evans y compte bien.

Edité par Gregory Blachier

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