Tour de France: David Millar signe un succès qui fait du bien

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VICTOIRE DE DAVID MILLAR LORS DE LA 12E ÉTAPE DU TOUR
VICTOIRE DE DAVID MILLAR LORS DE LA 12E ÉTAPE DU TOUR

par Gilles Le Roc'h

ANNONAY DAVEZIEUX, Ardèche (Reuters) - David Millar n'y croyait peut-être plus lui-même mais, à 35 ans, il s'est offert vendredi à Annonay son quatrième succès dans le Tour de France, au terme de la douzième étape.

Il y a douze ans, quand il s'était imposé contre toute attente dans le prologue disputé au parc du Futuroscope, sa mère exhibait un tee-shirt noir sur lequel elle avait inscrit en lettres blanches "It's David Millar Time !" ("C'est l'heure de David Millar").

Celui qui n'était encore qu'un minot en 2000 est aujourd'hui un vieux coureur et sa victoire est belle parce qu'elle salue un homme qui a tout connu du cyclisme : ses travers, ses bonheurs et sa philosophie nouvelle.

"C'est le 45e anniversaire de la mort de Tom Simpson aujourd'hui", a-t-il dit, évoquant le décès soudain du coureur britannique qui avait reconnu se doper et s'était écroulé, en 1967, sur les pentes du Ventoux.

"J'ai connu de mauvais passages mais aujourd'hui, je veux montrer que je peux gagner propre. On dit de moi que je suis un repenti mais ça ne me dérange pas puisque c'est vrai !"

Cette douzième étape fut une longue étape de transition, au lendemain d'un terrible enchaînement de cols alpins. Il fallait encore passer par la Chartreuse avant de trouver un peu de répit et de penser à la victoire à Annonay, en Ardèche.

Dans le Grand Cucheron, alors qu'il était lancé à la poursuite des hommes de tête et notamment de David Millar, David Moncoutié a quitté son dernier Tour sur une civière, après une chute dans une descente rendue dangereuse par les gravillons.

Puis dans le Granier, le nouveau héros français Thibaut Pinot, fatigué, a été distancé et a franchi le sommet avec deux minutes de retard sur le peloton. Il l'a réintégré un peu plus loin, après une grosse frayeur.

MILLAR EN EXEMPLE

Au sommet, Bradley Wiggins est sorti du peloton pour maîtriser deux Français velléitaires, Christophe Kern et Jérôme Coppel. Le patron avait parlé.

Dans la descente, Peter Sagan a voulu jouer les éclaireurs pour aller prendre les points du sprint intermédiaire avant d'être raisonné par toute l'équipe Greenedge, celle de son concurrent pour le maillot vert, Matthew Goss.

Ce fut la fin des hostilités dans le peloton qui a laissé filer l'échappée de cinq coureurs comprenant Millar, l'Espagnol Egoi Martinez, le Croate Robert Kiserlovski et deux Français, Jean-Christophe Péraud et Cyril Gautier, chargé par Europcar d'essayer de remporter une troisième victoire consécutive.

Du Granier aux portes d'Annonay, la situation est restée en l'état, l'échappée attendant la longue côte finale pour trouver son vainqueur.

Jean-Christophe Péraud a porté l'attaque décisive mais il en fallait plus pour ébranler David Millar, qui avait déjà levé les bras dans une étape en ligne du Tour à Béziers il y a dix ans.

Au sprint, le coureur de Garmin-Sharp s'est montré le plus fort. Avant de s'écrouler à même le bitume, les yeux fermés, pour gagner le calme dont il avait besoin pour savourer.

"Le Tour de France a été très difficile pour l'équipe Garmin-Sharp, parce que nous avons perdu nos deux leaders, Ryder Hesjedal et Tom Danielson, sur chute et nous avons changé nos plans. Il nous fallait une victoire d'étape !", a-t-il souligné.

David Millar a montré l'exemple à son équipe et sa victoire lui a donné l'occasion de rappeler qu'il en est un depuis son retour de suspension pour dopage en 2006.

Loin de ceux qui disent que ce sport est impossible sans dopage, David Millar ne cesse de revendiquer le contraire, en allant notamment en parler aux jeunes dans les écoles, après avoir collaboré à la lutte antidopage.

Edité par Grégory Blachier et Gilles Trequesser

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