Tour de France: David Millar, la victoire en prêchant

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DAVID MILLAR, LA VICTOIRE D?UN REPENTI
DAVID MILLAR, LA VICTOIRE D?UN REPENTI

par Gregory Blachier

ANNONAY DAVEZIEUX, Ardèche (Reuters) - David Millar a fait bien plus que gagner vendredi dans le Tour de France, où la douzième étape a sacré un ancien dopé devenu parangon de la lutte pour un cyclisme propre.

Le coureur de 35 ans a sans doute signé à Annonay une des plus grandes victoires de sa carrière, sa quatrième sur le Tour de France, en une journée symbolique puisqu'elle marquait le 45e anniversaire de la mort de Tom Simpson sur les pentes du Ventoux.

Simpson était un des rares coureurs de son époque à avouer ne pas se contenter d'eau fraîche pour avaler les très nombreux kilomètres que s'infligent les membres du peloton.

En cette journée, la victoire de David Millar fera donc date car le Britannique a lui-même versé dans le dopage.

"C'est vrai, j'avais déjà gagné en étant propre au Tour de France, mais aujourd'hui, je trouve ça assez poignant. J'ai fait les mêmes erreurs que Tom", a-t-il dit.

Suspendu en 2004 après avoir reconnu avoir pris de l'érythropoïétine (EPO), Millar est revenu de suspension deux ans plus tard et prêche depuis une autre pratique de son sport, puisant sa légitimité dans une étiquette de repenti qu'il assume.

"Non", a-t-il répondu à un journaliste qui lui demandait s'il cesserait, un jour, de se présenter en ancien dopé.

"Parce que je suis un ex-dopé. La raison pour laquelle j'ai eu une deuxième chance, c'est parce que j'ai le devoir de rappeler qui j'étais, d'où je viens", a-t-il poursuivi.

"Je pense que je suis représentatif de notre sport, de cet avant et après, avec ce sport qui a changé. Je ne dois pas oublier le passé. Je veux que les gens aient confiance en notre sport."

"PROPRE DE CHEZ PROPRE"

Se disant "fier" d'être devenu un des visages de la lutte contre le dopage, il a salué le travail en ce sens de son équipe dont deux coureurs -Christian Vande Velde et David Zabriskie- ont été cités par la presse parmi les personnes qui auraient accepté de témoigner contre Lance Armstrong dans la procédure ouverte aux Etats-Unis contre le septuple vainqueur du Tour.

"On a gagné le Giro avec Ryder (Hesjedal) qui est propre de chez propre. On est très fier de ce qu'on fait avec notre équipe pour changer notre sport", a-t-il souligné.

"On est arrivé il y a cinq ans avec la mission de montrer que c'était possible de faire différemment, de miser sur la transparence. Je suis fier de dire que nous sommes une équipe propre."

La portée de sa victoire a ainsi renvoyé son caractère purement sportif au second rang.

Millar est pourtant un invité prestigieux au palmarès de cette édition, avec ses dix succès dans les grands Tours.

L'étape du jour, longue de 226 km et rehaussée de deux cols de première catégorie dès le départ, n'était pas nécessairement celle où il était le plus attendu.

Mais parti dans la bonne échappée, il a fait parler son expérience pour dominer le Français Jean-Christophe Péraud.

"Comme j'ai passé les cols avec les meilleurs, je savais que c'était une journée pour moi", a-t-il raconté.

"J'avais choisi ma tactique à cinquante bornes de l'arrivée. Je voulais faire le sprint. Il fallait suivre chaque attaque, j'avais ça en tête et il ne fallait pas hésiter."

La conclusion était, encore, collective, car Garmin avait vécu jusqu'à lors un Tour "horrible", de l'aveu de Millar.

"C'est un Tour un peu inattendu pour nous. On a perdu Ryder alors qu'on était venu pour faire le podium au général. Nos objectifs ont changé, ça m'a laissé carte blanche", a-t-il dit.

"Ca a été dur, mais on l'a fait", a conclu Millar, qui était déjà revenu de bien plus loin que ça.

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