Tour de France: Christopher Froome faute de combattants

le
0
LE MAILLOT JAUNE POUR FROOME, FAUTE DE COMBATTANTS
LE MAILLOT JAUNE POUR FROOME, FAUTE DE COMBATTANTS

par Gilles Le Roc'h

LE GRAND-BORNAND, Haute-Savoie (Reuters) - Le Portugais Rui Costa a reproduit vendredi sur la route du Grand Bornand le scénario de sa victoire de mardi à Gap mais en dépit de sa performance, la 19e étape du Tour de France n'a pas connu l'intensité sportive et dramatique de la veille à l'Alpe d'Huez.

Le menu de la journée était copieux pourtant avec cinq cols au programme, les terribles Glandon et Madeleine pour commencer, les ascensions haut-savoyardes de Tamié, de l'Epine et pour finir de la Croix-Fry.

Il y a eu lutte pour la victoire d'étape parmi les 43 coureurs échappés dès le départ mais si Pierre Rolland a bataillé toute la journée pour le maillot à pois dont il n'est plus qu'à un point, il n'y eut pas de combat dans le peloton.

C'est comme si tous les prétendants au podium derrière Christopher Froome - Alberto Contador, Nairo Quintana, Roman Kreuziger et Joaquim Rodriguez classés dans cet ordre en 47" - pensaient que tout se jouera dans l'étape finale des Alpes, samedi, avec l'ascension du Mont-Revard et la montée du Semnoz.

Clairement, l'équipe Saxo Bank-Tinkoff, en grande difficulté dans l'Alpe d'Huez a cessé de distiller ses petites menaces d'attaques dans les descentes à l'encontre du maillot jaune pour se concentrer sur le podium qui est loin d'être acquis.

Contador et Kreuziger sont dans le viseur de Quintana et Rodriguez, deux grimpeurs qui les ont distancés jeudi.

Il y a aussi pour l'équipe dirigée par Bjarne Riis l'idée de gagner le classement par équipes.

C'est à des années lumière des objectifs cités en Corse il y a trois semaines mais c'est pour cette raison, uniquement, que les maillots bleu et jaune ont roulé en tête de peloton pendant plus de 50 kilomètres.

"ON VERRA"

"Mon équipe a beaucoup travaillé pour le classement par équipes. Je me sentais bien, j'ai pensé attaquer mais le mieux était d'arriver ensemble avec Roman Kreuziger", a dit Contador.

"Je n'ai pas voulu attaquer dans la dernière descente, beaucoup de gens m'aiment et ont peur quand je descends trop vite? Demain (samedi), l'arrivée sera au sommet du Semnoz et tout dépendra de mes adversaires. Il faudra voir s'il y a une échappée, évaluer la possibilité de gagner l'étape. On verra?"

Profil bas, donc pour l'Espagnol qui semble admettre la supériorité de Froome et qui n'a toujours pas gagné une étape, pas plus que l'un de ses compatriotes d'ailleurs.

Grand sourire en revanche pour Christopher Froome qui se sait à 125 kilomètres de sa première délivrance. Il faudrait désormais qu'il subisse une sacrée défaillance pour ne pas atteindre Paris avec le maillot jaune sur le dos.

"Ce fut l'une journée les plus dures du Tour de France. Il y a eu plus de 4.500 mètres de dénivelé. C'était dur mais tout s'est bien passé", a déclaré le Britannique.

"Mon objectif était de rester sur la route et de conserver le contact de mes adversaires. Il y a encore 120 kilomètres à contrôler par mes équipiers et puis on va pouvoir enfin souffler. Je peux vous dire que chaque soir je suis mort, je dors comme un bébé!"

Le grand sourire était donc pour Rui Costa, vainqueur une nouvelle fois en quatre jours. Le coureur de l'équipe Movistar, lancé toute la journée à la poursuite de Pierre Rolland avec une vingtaine d'autres coureurs, a profité du col de la Croix-Fry pour s'isoler en tête de course comme il l'avait fait lundi dans le col de Manse. Simple et efficace.

"La différence est que j'avais un coureur devant moi mais c'était quand même compliqué aujourd'hui", a-t-il dit.

"Déjà, je ne me sentais pas aussi bien que je le pensais et c'est pourquoi j'ai en effet attendu la dernière montée pour produire mon effort. A partir de là, c'est vrai, j'ai fait comme à Gap."

Edité par Jean-Paul Couret

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant