Tour de France: Christopher Froome appelé à prendre du galon

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par Gregory Blachier

BELLEGARDE-SUR-VALSERINE, Ain (Reuters) - Il n'a fallu que trois jours et deux étapes du Tour de France à Christopher Froome pour démontrer qu'il valait mieux que son rôle de second de Bradley Wiggins au sein du Team Sky.

Sa victoire à La Planche des Belles Filles après avoir emmené son leader au sommet, puis sa deuxième place dans le premier contre-la-montre du Tour, l'ont propulsé à la troisième place du classement général, qu'il occupait mercredi avant le départ de la dixième étape.

Froome est un homme discret que les amateurs de la Grande Boucle connaissaient peu ou pas.

Le jeune Britannique, né au Kenya, est pourtant respecté dans le peloton, où sa valeur ne fait pas de doute.

Deuxième de la Vuelta l'année dernière devant Wiggins, il a terminé quatrième du dernier Critérium du Dauphiné participant au tir groupé des Sky qui avaient mis leur emprise sur la course.

Après dix jours, il ne pointe qu'à deux minutes de son leader et l'équipe emmenée par Dave Brailsford a tellement écrasé la concurrence qu'il passerait presque pour son seul rival, s'il n'était pas à son service.

Derrière ses sourires et son attitude de garçon bien élevé se cache une ambition que justifie aisément ce classement.

"J'aimerais gagner le Tour un jour mais cela ne doit pas forcément être cette année", a dit le coureur de 27 ans à la presse mardi, à l'hôtel de son équipe à Quincié-en-Beaujolais.

Cette phrase en dit long sur son implication dans l'oeuvre collective - faire gagner Bradley Wiggins - et son envie de jouer sa carte personnelle à l'avenir.

"Je sais que mon heure viendra un jour et que cette équipe fera alors ce qu'elle fait aujourd'hui pour Bradley", dit-il.

"Ma priorité est de m'assurer que l'homme sur la plus haute marche du podium à Paris soit Bradley Wiggins. Etre sur le podium à ses côtés serait fantastique."

"PAS UNE ÉTOILE FILANTE"

Pour l'heure, il n'est donc pas question d'aller chercher la victoire, même en cas de défaut de son leader dans les étapes de montagnes: "non. Le plan est de rester avec Brad et d'essayer de le ramener du mieux possible."

Il n'en reste pas moins que ce garçon au parcours personnel riche - il a vécu en Afrique du Sud, a défendu les couleurs du Kenya avant d'adopter celle de la Grande-Bretagne - a le potentiel pour voir plus loin.

Dave Brailsford, l'homme qui gère d'une main de maître le Team Sky et sa pléiade d'excellents coureurs, le sait.

"Bien sûr, il pourrait être leader. Il a un grand avenir devant lui", dit-il de Froome, qu'il a vu gérer seul ses courses en espoirs et pour lequel il n'a que des louanges.

"C'est un gars très intelligent, qui vient d'une famille très sympa. C'est un gars marrant, avec du tempérament."

Le manager britannique n'est pas surpris par la performance de ce lieutenant sorti de l'ombre en profitant, à La Planche des Belles Filles, de l'inertie des meilleurs pour aller glaner un succès de prestige.

"A l'entraînement, il montre beaucoup de choses, il est fantastique", souligne-t-il.

"La question qu'on se pose ce n'est pas de savoir pourquoi il fait de telles performances dans le World Tour mais pourquoi il n'en a pas fait plus tôt", poursuit-il.

"Il est sur la lancée de ce qu'il a montré l'année dernière. Il prouve qu'il n'est pas une étoile filante mais qu'il continue de progresser de façon constante, ce qui est toujours bon signe." Et promet de le mener loin.

Edité par Chrystel Boulet-Euchin

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