Tour de France: Cavendish gagne, Froome et Valverde piégés

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MARK CAVENDISH REMPORTE LA 13E ÉTAPE DU TOUR
MARK CAVENDISH REMPORTE LA 13E ÉTAPE DU TOUR

par Gilles Le Roc'h

SAINT-AMAND-MONTROND, Cher (Reuters) - Mark Cavendish a remporté au sprint vendredi la 13e étape du Tour de France marquée par des coups de bordure qui ont coûté cher à Alejandro Valverde et piégé dans une moindre mesure le maillot jaune Christopher Froome.

Cette étape devait être une transition. Elle s'est transformée en une journée intense: très favorable à Cavendish, à Alberto Contador aussi, qui a effacé une minute huit secondes de son retard sur Froome - que son équipe n'a pu soutenir - et ce fut enfin un cauchemar pour Alejandro Valverde, qui a perdu 10 minutes.

De tels écarts n'étaient absolument pas prévisibles dans cette étape de plaine dont le point culminant était situé à 178 mètres d'altitude.

Mais le vent est l'allié des coureurs qui savent s'en servir et en l'occurrence trois équipes ont contribué à rendre cette étape très spectaculaire, à en faire un tournant important dans une course régie par Froome qui oscille en quelques jours entre grande performance et inquiétude.

Certes, à l'arrivée, le maillot jaune a perdu seulement 1'08 sur Contador, toujours pointé à distance respectable, à 2'45" de lui. Mais il y eut tant de mauvais signes, tant de désarroi dans le Team Sky pendant deux heures que la portée psychologique de cette étape est sans doute bien plus grande que le temps qui s'est écoulé.

Tout s'est emballé à 120 kilomètres de l'arrivée quand l'équipe Omega Pharma-Quick Step a nettement accéléré dès que le vent, de côté, a soufflé assez fort. Et en écoutant Mark Cavendish à l'arrivée, ce coup semblait prémédité.

"Je n'ai pas réussi à battre Marcel Kittel à Tours et on s'était promis de profiter du vent, d'essayer de finir dans un petit groupe", a-t-il expliqué.

Le coup d'accélérateur de ses équipiers a été primordial mais la course s'est emballée plus encore lorsque Valverde, deuxième du classement général, a été victime d'un bris de roue.

Cinq de ses équipiers l'ont inutilement attendu puisque l'équipe Belkin a sauté sur l'occasion pour l'écarter du podium et favoriser les desseins de Bauke Mollema et Laurens Ten Dam.

"CE N'ÉTAIT PAS SYMPA"

La détresse de l'Espagnol était croissante au fil des kilomètres, son rêve de victoire, de podium, peut-être même de Top 10 se sont évanouies sur l'asphalte berrichon.

"Ce n'était pas sympa d'accélérer quand Valverde a eu son ennui mécanique mais une fois que l'écart était de deux minutes...", a plaidé Philippe Mauduit, le directeur sportif de l'équipe Saxo-Bank.

"Valverde n'a pas toujours été très sympa", a rétorqué Mollema.

Oui, quand l'écart est monté à plus de deux minutes, l'équipe Saxo Bank-Tinkoff a donné un nouveau coup de vis mais le but de Contador n'était pas de noyer son compatriote mais de profiter des circonstances.

"J'ai vu que des gens dans le groupe de tête étaient morts. Donc on a décidé d'essayer. Froome manquait de puissance et j'ai vu Quintana souffrir énormément", a dit l'Espagnol.

Le grand enseignement de cette journée aura été le comportement du maillot jaune et du Team Sky. Quand Daniele Bennati a accéléré, treize coureurs l'ont suivi.

Le quatorzième, Froome, n'a pu rester au contact, se jetant sur son oreillette pour en aviser ses équipiers et ses patrons.

Tour à tour, et de manière très surprenante, ses rouleurs Ian Stannard, Kanstantin Siutsou, Geraint Thomas et Peter Kennaugh ont lâché prise - Richie Porte avait déjà sombré - et lui, le plus souvent, est resté en retrait.

"Ça n'existe pas une étape comme ça dans le Tour. C'était très difficile et les équipes Saxo Bank-Tinkoff et Omega Pharma-Quick Step ont fait une bonne course", a expliqué le Britannique.

"J'espère que ce sera plus drôle ce week-end avec le Ventoux. Nous avons souffert mais mon équipe a perdu Edvald Boasson Hagen sur chute hier et aujourd'hui il m'a beaucoup manqué. Nous avons perdu une minute mais c'est le cyclisme."

Le cyclisme est un sport d'humeurs, une lutte d'influence et Froome devra être sacrément fort dans les 48 prochaines heures pour rester maître de la situation avec six équipiers en état de faiblesse.

Edité par Olivier Guillemain

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