Tour de France: Cadel Evans aura du mal à remonter la pente

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LA VICTOIRE SEMBLE COMPROMISE POUR CADEL EVANS
LA VICTOIRE SEMBLE COMPROMISE POUR CADEL EVANS

par Gregory Blachier

LA TOUSSUIRE, Savoie (Reuters) - Cadel Evans était déjà dans une situation compliquée avant la grande étape alpine du Tour de France jeudi et il semble désormais face à une mission impossible.

L'Australien a craqué dans l'ultime ascension de la onzième étape, vers La Toussuire et il a encore concédé une minute et 26 secondes au maillot jaune, Bradley Wiggins.

Le vainqueur du Tour 2011 a sans doute fait une croix sur son titre. Rarement prolixe mais souvent disposé à commenter sa course, il s'est engouffré sans un mot dans le chalet devant lequel était garé l'autocar de son équipe, tête basse et lasse.

Evans a sans doute payé au prix fort sa vaine attaque à mi-course - il a été repris sept kilomètres plus tard par le train du Team Sky - et pointe désormais à 3'26 de Wiggins au classement général.

Cet écart est un gouffre pour un coureur qui n'a pas une équipe aussi forte que le Britannique et qui se sait en position de faiblesse avec un dernier contre-la-montre de 53,5 km à la veille de l'arrivée, un exercice dans lequel Wiggins excelle.

Il faut vraiment que le Tour soit quasiment perdu pour que son directeur sportif John Lelangue en vienne à reconnaître que la situation s'est grandement dégradée jeudi.

"C'est de plus en plus compliqué", a dit Lelangue, pourtant prompt, depuis le départ, à ignorer les écarts qui se creusent.

"Plus de trois minutes, c'est compliqué, d'autant qu'il reste un contre-la-montre à la fin, qu'il n'y a plus beaucoup d'arrivée en haute montagne et, aussi, au vu de l'équipe dont dispose le Team Sky ici."

John Lelangue est homme à tout miser sur le jour d'après, à manier un optimisme de façade qui confine au déni, aussi ses déclarations montrent-elles qu'Evans et les siens ne croient plus en la victoire.

Dans un effort rhétorique, il a tout de même tâché de ne pas s'avouer vaincu, estimant que tout était encore possible.

"On est là, on a une équipe, on est prêt à se battre et on saisira toutes les occasions", a-t-il plaidé.

"Il est encore tôt et on verra au jour le jour, comme on le fait depuis le début. Peut-être gagnerons nous quelques minutes, peut-être en perdrons nous. On va continuer. Ce n'est pas fini, il reste beaucoup d'étapes. On se battra jusqu'au bout."

Peut-être est-il encore animé par le souvenir du Tour 2006, où il avait déjà vécu un cauchemar à La Toussuire.

Alors directeur sportif de Phonak, il avait assisté à la fringale de Floyd Landis qui avait perdu dix minutes dans cette étape. Le lendemain, l'Américain avait survolé ses adversaires et remporté le Tour - un succès qui lui a été retiré depuis pour dopage.

Le scénario peut-il se répéter avec Evans ? L'Australien, qui attaque rarement ses rivaux, ne l'a encore jamais montré.

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