Tour de France: Cadel Evans a perdu bien plus que du temps

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CADEL EVANS A PERDU BIEN PLUS QUE DU TEMPS
CADEL EVANS A PERDU BIEN PLUS QUE DU TEMPS

par Gregory Blachier

BESANCON, Doubs (Reuters) - Vainqueur l'année dernière, Cadel Evans a peut-être bien perdu le Tour de France lundi entre Arc-en-Senans et Besançon, où il a concédé énormément de temps à Bradley Wiggins.

Le Britannique a réalisé une démonstration de force et renvoyé l'Australien à une minute et 43 secondes sur la journée, 1'53" au total puisqu'il lui avait déjà pris dix secondes dans le prologue.

Evans n'étant pas homme à se livrer -l'année dernière, il avait gagné le Tour tout en contrôle, sans lancer l'offensive ni jamais laisser ses adversaires lui échapper-, il paraît peu probable qu'il tente un coup dans les montagnes.

A l'issue de sa course, il a comme souvent fait dans le minimalisme, se contenant d'observer: "Ce n'est pas mon meilleur contre-la-montre, mais sans doute pas un mauvais temps."

"On va évaluer la situation au jour le jour et, bien sûr, nous ne renonçons pas."

Evans n'abandonnera sans doute pas cette course qui lui a permis d'écrire l'année dernière la plus belle ligne de son palmarès de champion du monde, mais il ne paraît pas en mesure de la gagner à nouveau cette année.

S'il ne veut pas enterrer l'Australien et répète à l'envi qu'il a le plus grand respect pour ce "grand champion", Sean Yates, directeur sportif dans le Team Sky de Wiggins, résumait ainsi la situation lundi soir: "Quand on regarde le parcours et les possibilités qu'il a de reprendre du temps, on voit qu'elles sont relativement limitées", a-t-il dit en évoquant le retard pris par Evans.

"Ce n'est pas dans les montagnes que vous faites la différence. Objectivement, ça ne va pas être simple pour Cadel", a-t-il ajouté.

D'autant moins simple qu'il reste encore dans ce Tour un contre-la-montre de 53,5 km à la veille de l'arrivée à Paris et que l'Australien devrait non seulement combler l'écart avec Wiggins mais en plus lui prendre du temps pour espérer gagner.

Son manager John Lelangue, tout aussi adepte de la méthode Coué, voulait pourtant faire croire qu'Evans n'avait pas tout perdu lundi.

"Ce qu'on voulait faire, c'est voir le temps, en prendre sur de nombreux prétendants en sachant qu'on en perdrait sur un ou deux autres", a-t-il dit.

"Si c'était fini, ce soir, je serai chez moi. Deux minutes, deux semaines... Nous avons encore du temps."

Après l'étape de lundi, il y en a surtout beaucoup à rattraper.

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